In-folio, maroquin bordeaux à recouvrements, triple filet à froid en encadrement sur les plats, dos lisse orné de même, encadrement intérieur avec les mêmes filets, tranches dorées, étui (René Aussourd).
Brunet, IV-366 // Cioranescu, 17044 // Doe, 31 // Tchemerzine-Scheler, V-42.
(13 f.)-MCCXLV-(84 f.) / ã6, 4, a-z6, A-Z6, Aa-Dd6, Ee8, Ff-Zz6, AA-ZZ6, AAa-ZZz6, AAA-BBB6, CCC8 / 215 × 341 mm.
Troisième édition en partie originale des œuvres complètes du plus grand médecin du XVIe siècle, père de la chirurgie française. Elle est considérée comme la meilleure.
Le titre porte la mention Quatriesme edition mais toutes les bibliographies consultées ne citent que deux éditions des Œuvres parues antérieurement, en 1575 et 1579. Doe précise que la troisième édition « fantôme » serait en fait une édition en latin parue en 1582 sous le titre Opera.
La première édition des Œuvres parut en 1575 chez Gabriel Buon. Elles furent réimprimées avec des augmentations successives chez le même éditeur en 1579 et 1585, celle que nous présentons. Une édition en 1588 à Lyon est citée par Brunet et Tchemerzine mais son existence est mise en doute par Janet Doe qui avance l’hypothèse d’une erreur typographique. Enfin, en 1598, parut le texte définitif chez la veuve de Gabriel Buon.
Si l’édition de 1585 ne donne pas le texte définitif, elle est en revanche, d’après Doe, la dernière à avoir été revue sur les presses par l’auteur lui-même. C’est la première complète du Traité des fievres qui a esté transporté & accommodé au livre des tumeurs contre nature pour mieux instruire le jeune chirurgien, c’est-à-dire remanié et intégré au chapitre des tumeurs, ainsi que de l’Apologie, et traicté contenant les voyages faicts en divers lieux par Ambroise Paré, qui se trouve placée après le vingt-huitième livre (ff. MCCVII à MCCXLV).
Cette œuvre considérable traite de tous les domaines de la médecine et de la chirurgie en donnant les remèdes et méthodes qui étaient pratiqués alors. Elle se devait, pour une application pratique, d’être illustrée par des dessins descriptifs et techniques.
Au total l’ouvrage comprend, entièrement gravés sur bois, un très bel encadrement de titre, 51 bandeaux, d’innombrables lettrines dont 29 de grand format, et plus de 360 illustrations à un ou plusieurs sujets montrant les instruments, outils, figures d’anatomie, manières d’opérer… et également les animaux étranges rencontrés dans les voyages, les monstres et prodiges humains et animaliers.
Certains exemplaires comportent en outre un portrait de Paré âgé de 75 ans, signé Giullis Horbeck, gravé sur bois et daté 1584, inséré entre les feuillets ã6 et 1. Doe précise que neuf exemplaires contiennent ce portrait, probablement imprimé pour l’ouvrage sans qu’il soit établi avec certitude qu’il fasse partie de l’édition. Notre exemplaire ne le possède pas.
On frémit, au vu des instruments, à l’idée des opérations pratiquées à l’époque, réduction de fractures, maladie de la pierre, hémorroïdes, trépanations, vérole, dentisterie… mais Ambroise Paré n’enseignait qu’à soulager les maux à une époque où les guerres et les maladies étaient choses courantes et la mort omniprésente ainsi que le révèle ce texte en marge d’un squelette :
La mort est la peur des riches.
Le désir des pauvres.
La ioye des sages.
La crainte des marchans.
Fin de toutes miseres.
Et commencement de la vie eternelle.
Bien-heureux aux esleuz.
Et malheureux aux reprouvez.
Petite usure à une coupe. Titre et premier cahier habilement restaurés.