In-16, maroquin rouge orné dans le genre Du Seuil, dos lisse avec pièces de titre de maroquin noir et cote de bibliothèque dorée, bordure intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIe siècle).
Brunet, III-1852.
(4 f.)-349 f.-(11 f.) / ã4, A-Z12, Aa-Gg12, Hh8 / 74 × 140 mm.
Première édition de la traduction par Simon-Georges Pavillon du célèbre roman pastoral de Jorge de Montemayor.
Jorge, ou George, de Montemayor, ou de Montemer, est un poète et auteur portugais de langue espagnole, né à Montemayor dans les environs de Coïmbre au Portugal vers 1520. Il fut d’abord soldat avant d’être attaché à la chapelle de l’infant d’Espagne, futur Philippe II, qu’il suivit dans son voyage à travers l’Europe, et notamment en Italie et en Flandre. Il mourut en 1561, probablement lors d’un duel. Aucun fait de sa vie n’est connu de manière certaine, mais il semble qu’il prit son inspiration romanesque et poétique de ses propres chagrins d’amour. Son principal ouvrage Los siete libros de la Diana parut pour la première fois à Valence vers 1560 en langue castillane.
Dans ce roman pastoral, le premier du genre pour l’Espagne, Montemayor a voulu raconter, à l’exemple de L’Arcadie de Sannazar, quelques événements de sa vie et de celle de ses amis : des bergers et des bergères réunis sur les bords de l’Ezla, au pied des montagnes du Leon, se racontent leurs histoires respectives dans sept livres de prose mêlée de vers. Le personnage principal, Sereno (inspiré de l’auteur) aime Diana d’un amour partagé mais contrarié par la magie qui sépare les deux amants. Diana épouse un autre berger, Delio. Il ne reste à Sereno qu’à chanter, avec les autres bergers, la perte de la beauté et de l’amour.
Ce roman à la gloire de l’amour, écrit dans un langage élégant et policé, est le témoignage de la société galante et cultivée qui fut celle de Montemayor, et sa prose a servi de modèle à tous les auteurs de romans du même genre. L’ouvrage connut un très grand succès, en Espagne d’abord et très rapidement dans toute l’Europe, et fut poursuivi par deux auteurs espagnols, Alonzo Perez et Gil Polo. La Diana fut traduite en français pour la première fois par Nicolas Collin (Reims, 1578), puis au tout début du XVIIe siècle par Simon-Georges Pavillon, qui livra une édition bilingue du texte initial (sans les suites de Perez et Polo).
Dans cette édition, publiée à Paris par Anthoine du Breuil en 1603, le texte est sur deux colonnes avec la version française imprimée en italiques en regard de la version espagnole.
Bel exemplaire relié au XVIIe siècle en maroquin rouge, provenant de la bibliothèque de Chrétien-François de Lamoignon et portant au contreplat l’étiquette imprimée Bibliotheca Lamoniana avec la cote Y1067. La cote dorée frappée au dos du volume 3.M.1203 est reprise à l’encre sur une garde. Chrétien-François I de Lamoignon (1644-1709) avait hérité sa bibliothèque de son père Guillaume de Lamoignon et l’avait considérablement enrichie. C’est de son époque que date l’étiquette imprimée, ainsi que le cachet L couronné apposé au troisième feuillet de ses livres (ici au f. A3). La bibliothèque passa successivement à ses héritiers jusqu’à son arrière-petit-fils Chrétien-François II de Lamoignon (1735-1789), le dernier possesseur de la Bibliotheca Lamoniana. La vente de sa bibliothèque eut lieu en 1791 et un exemplaire de cette édition y figure sans précision de reliure (n° 3148).
L’Eclaircissemens qui ouvre le catalogue Lamoignon précise que c’est avec regret que nous ne pouvons en aucune manière revenir sur cet oubli des reliures. Ce manque au catalogue nous empêche d’affirmer que l’exemplaire que nous présentons soit bien celui mentionné dans le catalogue mais c’est plus que probable.
Trou au feuillet Hh4 avec perte de quelques lettres.
Provenance :
Chrétien-François I de Lamoignon (étiquette et cachet) et Chrétien-François II de Lamoignon (I, 1791, n° 3148 ?).