6 parties en 3 volumes in-folio, maroquin bronze, filet à froid en encadrement, dos à 5 nerfs ornés de même, tranches dorées (Lobstein).
Bechtel, 598/P-93 // Brunet, IV-487 // De Backer, 115 // Fairfax Murray, 441 // USTC, 47140.
I. (3f. sur 4, manque le titre)-CLVIIIf. (mal chiffré CLXIIII) / ❡4, a-z6, ク6, ƻ6, ⨳8 // II. (3f. sur 4, le dernier blanc manquant ici)-CLIIf. / aa3, A-Z6, ク6, ƻ8 // III. (2f.)-CLIXf.-(1f. blanc) / [ ]2, aa-ss6, T-Z6, ク6, ?6, AA6, BB4 // IV. (2f.)-CXLIXf. (mal chiffré CLIX)-(1f. blanc) / [ ]2, A-Z6, ク6, ?6 // V. (2f.)-CXIIIf.-(1f. blanc) / [ ]2, A-T6 // VI. (2f.)-CXXIVf. (mal chiffré CXIIII) / [ ]2, A-V6, X4 // 53 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. // 202 x 310 mm.
V. (2 f.)-CXIII f.-(1 f. blanc) / [ ]2, A-T6 // VI. (2 f.)-CXXIV f. (mal chiffré CXIIII) / [ ]2, A-V6, X4 // 53 longues lignes sur 2 colonnes, car. goth. // 202 × 310 mm.
Seconde édition, presque aussi rare que la première, et la dernière en caractères gothiques.
Le Perceforest, roman anonyme en prose du XIIIe ou du XIVe siècle, appartient au cycle des romans de la Table ronde et fait d’Alexandre le Grand un ancêtre lointain du roi Arthur. Dans ce singulier récit, Alexandre et Jules César se trouvent mêlés à des aventures extravagantes. Après une généalogie des rois bretons, l’auteur nous présente Alexandre le Grand, en bateau sur les rives de l’Inde avant qu’une violente tempête ne le jette sur les côtes de Grande-Bretagne. Il détrône le roi Pyr et donne le royaume à son ami Bétis qui, resté seul, souhaite bâtir un temple et doit pour cela abattre une forêt enchantée occupée par le magicien Darnant. Bétis, ou Perceforest puisque c’est désormais son nom, n’en viendra pas à bout sans le secours du Macédonien qui, revenu à son secours, croise une Dame du Lac dont il s’éprend et dont il a un fils, ancêtre du roi Arthur, avant de repartir pour Babylone. Perceforest fonde ensuite un ordre de chevalerie composé de douze preux dont les aventures s’entrecroisent dans la suite du récit. Jules César intervient alors afin de conquérir la Grande-Bretagne mais il est repoussé. Perceforest s’éteint vers l’âge de 400 ans après s’être converti au christianisme grâce à un fils de Joseph d’Arimathie. Parmi toutes ces aventures, on relève celle qui inspira la Belle au bois dormant.
La première édition de ce grand roman chevaleresque fut donnée à Paris par Galliot Du Pré en 1528 et imprimée par Nicolas Cousteau en six volumes. Elle fut rapidement suivie d’une seconde édition, celle-ci, en six volumes également, partagée entre les libraires parisiens Gilles de Gourmont, Philippe Le Noir, François Regnault et Jean Petit.
C’est la dernière édition gothique et la dernière complète ; les éditions qui suivirent ne furent plus que partielles. Selon les volumes et les libraires, les exemplaires présentent des différences de dates et de marques. Dans l’exemplaire que nous présentons, les tomes II et III sont respectivement datés 1531 et 1532 sur les titres ; le tome IV non daté porte sur le titre l’adresse de Jean Petit a Paris en la rue sainct Jacques a lenseigne de la fleur de lys dor ; le tome V n’est pas daté ; le tome VI comporte au colophon un achevé d’imprimer au 18 décembre 1532 et au verso la marque de Jean Petit. Il manque le titre du premier tome.
Édition illustrée sur les titres d’un grand encadrement de style bâlois au nom de Gourmont (Egidius Gormontius et initiales E.G.) représentant Jésus triomphant du démon et l’Adoration des mages, ainsi que les quatre évangélistes en médaillon. Cet encadrement fut réutilisé dans le Theseus de Coulongne publié en 1534 (cf. le n° 366 du présent catalogue). Le tome V comporte en outre un grand bois représentant l’adoubement d’un chevalier par le roi. Ce bois avait préalablement servi à l’impression du Lancelot du Lac par Jehan Petit pour Philippe Le Noir, en 1533, que nous avons présenté dans la seconde partie de la bibliothèque Bourdel (II, 20 mars 2025, n° 201).
Exemplaire portant deux marques de provenance anciennes dans le premier volume : la signature partiellement lavée Laqueuille chasteaugay (f. a1) et la signature Larochefoucauld datant du XVIIIe siècle et accompagnée du cachet postérieur du château de La Roche-Guyon (f. 2).
Manque le titre du premier volume. Exemplaire soigneusement lavé, présentant des restaurations marginales (t. I, cahiers a à s ; t. III, f. 3 ;
t. IV, ff. ?2 à ?6 ; t. V, f. N2 ; t. VI, f. O4 et cahiers R à X) et certains feuillets avec les marges refaites (t. I, ff. o3 et o4 ; t. II, ff. aa1 à aa3, A1 à A5, C2 à C5, 1 à 6 et 1 à 8 ; t. VI, f. x4).
Provenance :
Laqueuille de Châteaugay (ex-libris) et La Rochefoucauld (ex-libris manuscrit et cachet de La Roche-Guyon).