Petit in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs joliment orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).
Baudrier, I-361 // Bechtel, 521/M-467 // Brunet, III-1830 // Gültlingen, VI-166 // Rothschild, IV-3176 // Tchemerzine-Scheler, III-639b // USTC, 38731.
(4 f.) / [ ]4 / 27 lignes (sauf pour un feuillet, 26), car. goth. / 85 × 132 mm.
Seconde édition très rare d’un texte qui est parfois attribué à Pierre Gringore.
Ce petit monologue en vers de huit pieds s’explique par son titre et par ses premiers vers :
Seulle esgaree de tout ioyeux plaisir
Dire me puis amours maleureuse
Au lit dennuy il me convient gesir
Sus loreiller de vie langoureuse
Seulle esgareee de tout ioyeux plaisir
Dire me puis en amours maleureuse
Venus la deesse ioyeuse
De qui ie me tiens serviteure
Serez vous envers moy piteuse…
Le poème fut réimprimé par Anatole de Montaiglon dans son Recueil de poésies françaises (II-245).
Ce monologue d’une jeune femme de 15 ans en mal d’amour a connu deux éditions en caractères gothiques. La première à Paris, sans nom d’éditeur, que l’on peut dater vers 1520, et celle que nous présentons, lyonnaise chez Pierre Prevost, que l’on estime publiée vers 1530.
Elle est ornée au premier feuillet d’un grand bois représentant une femme élégamment vêtue, tenant dans sa main droite un bouquet de fleurs, au recto du dernier feuillet d’une grande fleur de lys florentine et, au verso de ce même feuillet, de la sibylle delphique et d’un petit bois carré représentant trois têtes grotesques coiffées de capuches.
La sibylle orne également un autre volume de la bibliothèque Bourdel, intitulé Merveilles advenir en cestuy an vingt et sis. Revelle par les dieux (cf. le n° 337 du présent catalogue). Le bois aurait auparavant servi, selon Fairfax Murray (II, n° 374), à orner les bordures angulaires d’un livre d’heures.
Cette édition est très rare. L’USTC ne référence que deux exemplaires dans les bibliothèques publiques, celui du duc d’Aumale au musée Condé de Chantilly, et celui de la BnF qui avait appartenu auparavant à Yemeniz, à Ambroise Firmin-Didot puis à Rothschild.
Joli exemplaire réglé qui a malheureusement subi les outrages du temps et a été soigneusement établi. Tous les feuillets ont été restaurés dans les marges et une lettre du titre a été reprise à l’encre.
En dépit de ces défauts que Trautz-Bauzonnet mit un grand soin à réparer, ce volume, d’une rareté insigne, n’en conserve pas moins un charme indiscutable.