Le thème de l'"enlèvement" apparaît dans l'oeuvre d'André Masson à partir de 1932. L'homme nu se mêle dans des batailles frénétiques, il enlève, se bat, assassine comme dans la série des "Massacres". Cet "Enlèvement" prend une allure rituelle, sacrificielle. Les dessins de ces années 1930 sont parmi les plus forts que Masson ait jamais produits. Exécutés avec une grande célérité, ils sont proches des "Dessins automatiques". Leur tracé est interrompu par des changements de diretion abrupts et spasmodiques. Les figures sont déployées selon une disposition caractéristique de la frise. Ces dessins sont si denses qu'il n'est pratiquement pas un seul espace de la composition qui ne vacille sous l'effet du mouvement.