En cuivre martelé
H. : 31 cm (12¹⁄₄ in.)
A Kongo Dinga mask, Democratic Republic of the Congo
Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance
Neyt (François), Arts traditionnels et histoire au Zaire/Traditional Arts and History of Zaire, Louvain-le-Neuve, Université Catholique de Louvain, 1981, p. 205, fig. X.5
Ces deux masques Kongo-Dinga (lots 80 et 81) en cuivre martelé appartiennent à un corpus particulièrement restreint, dont une douzaine d’exemplaires seulement sont aujourd’hui recensés selon Rik Ceyssens (voir Rik Ceyssens, Material and Formal Aspects of Copper Masks from the Upper Kasai, in Frank Herreman & Constantijn Petridis (dir.), Face of the Spirits. Masks from the Zaire Basin, Anvers, 1993, p. 97). Ils constituent de rares témoignages d’une tradition liée à l’autorité ancestrale. Ils intervenaient lors de moments particulièrement importants de la vie communautaire, notamment à l’occasion du décès d’un chef et de l’intronisation de son successeur.
Connus sous le nom de ngongo munene dans la langue Dinga, ces masques sont façonnés en cuivre martelé, un matériau investi d’une forte charge symbolique et rituelle. L’usage du cuivre renvoie à l’autorité sacrée et est étroitement associé au pouvoir spirituel du chef, ou « maître de la terre », Tshikolondond. À ce titre, ces masques ne relevaient pas seulement du registre des insignes cérémoniels ; ils constituaient également de puissantes manifestations de légitimité politique et d’autorité spirituelle.
Une série de photographies de Marie-Louise Bastin prise en 1956 montre le chef Tshikolondondo tenant l’un de ces masques à la main, attestant de son statut d’insigne de pouvoir étroitement associé à l’autorité du chef.