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IMPORTANTE FIGURE JANIFORME KUYU ORIENTALE
PLATEAU DE L’ALIMA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Estimation :
40 000 - 60  000 €

Description

IMPORTANTE FIGURE JANIFORME KUYU ORIENTALE
PLATEAU DE L’ALIMA, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

En bois

H. : 90 cm (35³⁄₈ in.)


An important Eastern Kuyu Janus figure, Democratic Republic of the Congo

Provenance :

Probablement collectée par Aristide Courtois (1883-1962), administrateur colonial français au Gabon, entre 1910 et 1938, à qui l’on doit un grand nombre des têtes Kuyu (Kebe-Kebe) aujourd’hui conservées dans les musées, ainsi que la quasi-totalité des premières figures Kuyu autonomes connues

Pierre Dartevelle (1940-2022), Bruxelles

Collection Jean-Jacques Rotthier (1932-2009), Bruxelles, puis par descendance

Expositions :

Bruxelles (Belgique), David Adjaye’s GEO-Graphics. Cartographie des pratiques artistiques en Afrique, passées et présentes, BOZAR – Palais des Beaux-Arts, 9 juin – 26 septembre 2010

Bibliographie :

Bouttiaux (Anne-Marie) et Kouoh (Koyo) (dir.), David Adjaye’s GEO-Graphics. Cartographie des pratiques artistiques en Afrique, passées et présentes, Milan / Cinisello Balsamo, Silvana Editoriale, 2010, p. 257


Bibliographie de référence :

Poupon (David), Étude ethnographique de la tribu Kouyou, Revue d’anthropologie, vol. 29, 1918–1919

Amrouche (Pierre), Aristide Courtois, le brûleur de cases, Arts & Cultures, Genève, 2006, pp. 180–189

Bénézech (Anne-Marie), La cérémonie du Djo chez les Kouyou. Essai de reconstruction d’une cosmogonie au nord du Congo-Brazzaville, Paris, 2021

Commentaire :

Cette figure janiforme, ou Okue, a été sculptée pour prendre part aux cérémonies rituelles du Djo, au cours desquelles est rejouée la cosmogonie des Kuyu et se transmet le récit fondateur de leurs origines. Les témoignages recueillis au début du XXᵉ siècle par l’administrateur colonial Alfred Poupon identifient Djo comme l’ancêtre primordial et la divinité créatrice de l’univers Kuyu. Cette divinité est conçue comme une entité hybride, à la fois serpent et humaine, masculine et féminine. Les scarifications géométriques incisées à la surface de la sculpture évoquent les écailles de ce serpent mythique.

La composition biface de l’œuvre traduit visuellement la dualité intrinsèque du dieu Djo. D’un point de vue stylistique, la figure adopte une posture rigide et intériorisée : la tête semble s’enfoncer dans les épaules, le regard est fixé droit devant elle et les bras demeurent étroitement plaqués contre le torse. Cette attitude particulière renvoie à la représentation d’un chef ou d’un dignitaire rituel engagé dans une communion active avec le monde des ancêtres.

Cette œuvre appartient à un corpus extrêmement restreint de figures janiformes Kuyu aujourd’hui documentées, dont la majorité est conservée dans des collections muséales.

En 2010, cette sculpture fut sélectionnée pour figurer dans l’exposition David Adjaye’s GEO-Graphics: A Map of Art Practices in Africa, Past and Present, organisée par l’architecte David Adjaye au BOZAR – Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Dans le cadre de cette manifestation, cette importante sculpture fut mise en regard d’œuvres contemporaines afin de souligner la continuité, les transformations et la vitalité des traditions artistiques africaines. Tournée à la fois vers le passé et vers l’avenir, elle affirmait ainsi, une fois encore, son caractère profondément janiforme.

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