Le modèle identifié au verso
Dans son cadre en chêne sculpté et doré, travail français d’époque Louis XIV
Portrait of Louis Camus Destouches (1668–1726), called the Chevalier Destouches, oil on canvas, by H. Rigaud and workshop
32.08 x 25.78 in.
Collection particulière de l'Est de la France
Joseph Roman, Le Livre de raison de Hyacinthe Rigaud, Paris, 1919, p. 132, 136
Ariane James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud (1659-1743), thèse de doctorat, Paris, Ecole pratique des hautes études, 2003, cat I., n° 829
Stéphan Perreau, Hyacinthe Rigaud (1659 -1743). Catalogue concis de l'œuvre, Sète, 2013, n° *PC.968
Ariane James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Catalogue raisonné, tome II, Dijon, 2016, p. 339, n° *P.1014
Louis Camus Destouches mène une brillante carrière militaire au cours de laquelle il reçoit le titre de chevalier de Saint-Lazare en 1690 puis l’ordre de Saint-Louis en 1720. Lieutenant général d’artillerie et commissaire provincial d’artillerie, il est fait maréchal de camp en 1718 et reçoit la charge de directeur général des écoles d’artillerie en 1720. Homme de confiance de Léopold Philippe, duc d’Arenberg (1690-1754), il pourvoit à l’éducation du fils issu de la brève union de son maître avec la salonnière Claudine Guérin de Tencin, le bientôt célèbre philosophe Jean Le Rond d’Alemberg (1717-1783). Ayant été abandonné par sa mère, Destouches se charge de le placer dans une famille d’adoption et de lui livrer une pension. Tout au long de sa vie, Destouches assure à l’érudit, auteur de l’Encyclopédie avec Denis Diderot, un soutien financier et charge son frère Michel Camus Destouches de continuer à lui verser une rente annuelle après sa mort.
Notre portrait inédit de Louis Camus Destouches figure dans les livres de comptes de Hyacinthe Rigaud en 1707. Il est indiqué qu’il réalisa un portrait en buste pour 150 livres que Claude Bailleul, fidèle collaborateur du peintre, fut chargé d’ «habiller» pour dix livres. Les livres de comptes précisent qu’il est en «habillement répété». La pause du chevalier Destouches rappelle en effet celle qui figure sur d’autres portraits précédemment réalisés par Rigaud tels le portrait de Ferdinand Albrecht II von Braunschweig-Bevern, d’Emmanuel Théodose de La Tour d’Auvergne, duc d’Albret, de Charles Antoine Joseph de Croÿ, duc d’Havré, de Christian Ditlev Reventlow ou encore d’Alexandre Etienne Raoul Claude de Labadie d’Aumay1. Le fond figurant un incendie comme la vêture apparaissent par ailleurs sur le portait de Christian III von Pfalz-Zweibrücken de 1704-17062.
Notre modèle porte de façon discrète le ruban rouge de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis. Or, nous savons qu’il n’obtient cette décoration qu’en 1720. Il est donc probable que cet ajout fut réalisé plus tardivement par l’atelier, comme cela est attesté pour d’autres clients de Hyacinthe Rigaud.
1. Nous renvoyons au catalogue raisonné d’Ariane James-Sarazin qui les décrit précisément : Ariane James-Sarazin, op. cit., p. 266-267, n° P.789 ; p. 286-287, n°*P.845 ; p. 291, n°P.864 ; p. 325, n°P.954 ; p. 336, n°*P.1009.
2. Ibid., p. 304, n°P.903.
Nous remercions Madame Ariane James-Sarazin de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre par un examen de visu en date du 24 juillet 2026 et pour les informations qu'elle nous a communiquées.