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Gaetano GANDOLFI San Matteo della Decima, 1734 – Bologne, 1802
Apollon confiant les rênes de son char à Phaéton et Marsyas défiant Apollon
Estimation :
60  000 - 80  000 €

Description

Gaetano GANDOLFI San Matteo della Decima, 1734 – Bologne, 1802
Apollon confiant les rênes de son char à Phaéton et Marsyas défiant Apollon
Paire d'huile sur toiles (Toiles d'origines)

Portent les numéros 1 et 3 sur le châssis au verso


Apollo entrusting his chariot to Phaethon and Marsyas challenging Apollo, grisailles on canvas, by G. Gandolfi

19.29 x 8.46 in.

49 x 21.5 cm
Commentaire :

Conçues dans un format vertical aux dimensions réduites, ces deux œuvres parviennent à démontrer une inventivité et une maîtrise picturale remarquables par l’insertion de compositions mythologiques au sein d’un encadrement en marbre feint, soutenues par des plinthes garnies d’emblèmes. Ces récits monochromes, brossés dans un sobre clair-obscur pour imiter des bas-reliefs en pierre, sont liés entre eux par la figure d’Apollon, à travers deux épisodes de son mythe, largement diffusé par Ovide dans ses Métamorphoses.

La première de ces scènes semble représenter l’instant où le dieu du Soleil accède à la demande de son fils Phaéton, qui souhaite s’essayer à la conduite du char solaire. L’attitude bienveillante d’Apollon, qui enlace le jeune homme, laisse entrevoir sa mise en garde face au danger que représente cette épreuve, mais l’instant est encore suspendu dans un moment d’harmonie sentimentale, ignorant l’issue tragique de l’épisode. Ainsi, la vague assurance de prudence que Phaéton communique à son père se transformera en une folle course qui le mènera à une chute désastreuse.

La seconde œuvre, toujours composée selon une diagonale, représente Apollon sur les nuages, la cithare appuyée sur le genou, tandis qu’il regarde de haut le satyre Marsyas, qui tient sa flûte à la main. Ici aussi, la scène précède le point culminant de l’épisode, un choix qui accentue la tension de la féroce compétition musicale qui s’annonce et coûtera au satyre vainqueur d’être écorché vif par le dieu.

Ces images et l’intelligence avec laquelle ces histoires sont traitées suffiraient à elles seules à rattacher ces « opérettes morales » à la culture des frères Gaetano et Ubaldo Gandolfi. En effet, le langage expressif adopté s’inscrit pleinement dans le climat artistique qui a dominé Bologne durant la seconde moitié du XVIIIe siècle.

Deux autres huiles sur toiles similaires (fig. 1), qui devaient certainement faire partie du même cycle décoratif, ont été mentionnées et brièvement commentées par Donatella Biagi Maino dans la monographie consacrée à Gaetano Gandolfi1. A la lumière de ces deux autres œuvres, il semble que cette série, dont nous ignorons l’étendue, ne traitait pas uniquement des aventures d’Apollon, mais comprenait également d’autres récits tirés de mythes différents, probablement liés, par leur symbolisme, au commanditaire et à sa famille.

La spécialiste date ces œuvres de la toute fin de carrière de l’artiste, vers 1800, lorsque le goût raffiné pour une iconographie complexe d’emblèmes se développe à Bologne, parallèlement au néoclassicisme d’inspiration française. Il convient également de souligner le succès de la peinture en grisaille, qui connaît dans la même région son apogée au cours du XVIIIe siècle.


Nous remercions Madame Donatella Biagi Maino de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de ces œuvres d'après photographies dans un courriel en date du 11 septembre 2026.


1 : Donatella Biagi Maino, Gaetano Gandolfì, Turin, 1995, f. n° 259, photographies n° 287 et 288.


Fig. 1 : Gaetano Gandolfi, Dédale et Icare et Jupiter et Ganymède, paire de grisailles sur toiles, 28 x 55 cm chacune, localisation actuelle inconnue.



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