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Lucile FOULLON-VACHOT Bonneval, 1772 - Paris, 1827
Autoportrait au châle rouge
Estimation :
12  000 - 15  000 €

Description

Lucile FOULLON-VACHOT Bonneval, 1772 - Paris, 1827
Autoportrait au châle rouge
Huile sur toile

Signée et datée 'L. Foullon / 1814' en bas à gauche


Self-portrait with a red shawl, oil on canvas, signed and dated, by L. Foullon-Vachot

25.59 x 21.25 in.

65 x 54 cm
Provenance :

Collection particulière, Allemagne

Commentaire :

Peintre et miniaturiste française, Lucile Foullon-Vachot se consacre à l’art du portrait qu’elle approfondit après de Robert Lefèvre et poursuit une carrière régulière au Salon où elle expose de 1793 à 1822. Les œuvres qu’elle présente sont principalement des portraits ainsi que des commandes officielles parmi lesquelles figurent le portrait du dramaturge et membre de l’Académie française Louis-Benoît Picard et celui du roi Louis XVIII, destiné à l’hôtel de ville de Lille. À son tour, elle se prête à l’exercice du portrait et dévoile au Salon de 1806 un premier autoportrait1 (fig. 1). L’artiste se met en scène dans son atelier à l’ouvrage, palette et pinceaux en main, vêtue d’une robe noire rehaussée d’un col blanc et d’une parure délicate, saisie au moment où elle s’apprête à réaliser un nouveau portrait.

Notre tableau daté de 1814 constitue un second autoportrait dont l’intérêt réside dans le contraste qu’il offre avec l’effigie officielle de 1806. L’œuvre présentée ici relève d’un registre plus intime. Le cadrage resserré, l’absence de tout bijou, la large étole rouge recouvrant ses épaules et la coiffure aux boucles indisciplinées éloignent le modèle des conventions du portait officiel pour conférer à notre œuvre plus de simplicité. Foullon-Vachot évacue ainsi tout attribut susceptible d’évoquer l’exercice de son métier et se montre dans une grande proximité avec le spectateur.

Notre composition peut être mise en rapport avec le Portrait par elle-même 1 d’Elisabeth Louise Vigée Le Brun (fig. 2), réalisé vers 1808 pour remercier ses amis Monsieur et Madame König de leur hospitalité durant son séjour en Suisse. Dans cet autoportrait, Vigée Le Brun délaisse déjà toute référence à la peinture et apparait dans l’intimité d’un cadre resserré, représentée en buste, se détachant d’un fond uniformément sombre et tournée vers le spectateur. La chevelure relevée, aussi adoptée par Lucie Foullon-Vachot, évoque certainement la mode de l’Empire arborée par maintes élégantes sous le pinceau de François Gérard tandis que la même étole rouge enveloppe les épaules des deux femmes. Le dépouillement apparent des deux œuvres participe d’une représentation plus naturelle des artistes, fondée moins sur la démonstration sociale que sur la présence et l’expression. La comparaison est d’autant plus intéressante que Foullon-Vachot appartient à la génération immédiatement postérieure à Vigée Le Brun et témoigne ainsi de la diffusion d’une nouvelle conception de l’autoportrait féminin : à côté de l’image publique de l’artiste revendiquant son métier émerge l’image plus personnelle d’un instant saisi dans l’intimité.


1. Huile sur toile, 116,5 x 90,5 cm, localisation inconnue.

2. Elisabeth Vigée Le Brun, Portrait par elle-même, vers 1808, huile sur toile, 41,3 x 33 cm, Collection particulière.  


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