Portrait of a young boy in a checked waistcoat, holding a violin, oil on canvas, French School, ca. 1785
24.01 x 19.68 in.
Dans la famille de l'actuel propriétaire depuis le début du XXe siècle ;
Collection particulière, Paris
L’exposition L’enfant chéri au siècle des Lumières1 avait en 2003 brillamment résumé l’émergence d’un lien nouveau entre parents et enfants dans la seconde partie du XVIIIe siècle. Le sous-titre de l’exposition – Après l’Emile - disait déjà beaucoup. Les courants de pensée ont régulièrement évolué au cours de ce siècle vers une relation qu’il convenait de concevoir comme plus attentive, empreinte de sentiments plus forts, d’une démonstration d’affection plus naturelle et sincère afin de guider sur le chemin de la vie des êtres épanouis, heureux et offrant en retour à l’âge adulte un amour qu’ils auraient reçus enfants. Si de tels sentiments nous paraissent naturels aujourd’hui ; tel n’était pas le cas à une époque où les enfants des bonnes familles étaient mis en nourrice à la campagne peu de temps après la naissance et « repris » vers cinq ans, parfois plus.
Notre portrait nous séduit au premier regard par l’innocence et la fragilité qui émergent de l’attitude de ce jeune violoniste. Il tient de façon malhabile un violon et nous montre ainsi qu’il est d’un âge où l’on apprend. L’harmonie générale de cette toile est des plus séduisantes ; le regard tendre et les yeux bleu gris du modèle, ses pommettes rosées et ses cheveux d’un châtain blond mordoré nous séduisent autant qu’ils ont dû charmer les parents qui ont commandé le portrait de leur jeune garçon.
1 - L’enfant chéri au siècle des Lumières, Exposition au Musée-Promenade, Marly-le-Roi, 15 mars-15 juin 2003 et au musée des Beaux-Arts de Cholet, 10 juillet – 12 octobre 2003