En placage de noyer et ronce de noyer, ornementation de bronze ciselé et verni, dessus de marbre rose du Rosenlaui restauré, la façade ouvrant par deux tiroirs, les pieds cambrés agrémentés de sabots en bronze ; petits accidents
H. : 87,5 cm (34 ½ in.)
l. : 102 cm (40 in.)
P. : 59 cm (23 ¼ in.)
Provenance :
Par tradition orale, curé de Kirchdorf ;
Ancienne collection privée bernoise.
Bibliographie comparative :
H. Kreisel, G. Himmelheber, Die Kunst des Deutschen Möbels – Spätbarock und Rokoko, G.H. Beck, Munich, 1970, Vol. II, pl. 1133.
H. von Fischer, Fonk à Berne – Möbelausstattungen der Kunsthandwerkerfamilie Funk im 18. Jahrhundert in Bern, Berne, 2001, p. 41 fig. 40, pp. 43-46 figs. 43-49, p. 96 fig. 151, p. 97 figs. 153, 155-156, p. 99 figs. 158-161, p. 102 figs. 169-170, p. 103 figs. 172-174, p. 104 fig. 176, p. 105 figs. 178, 180 et 181.
A Swiss gilt-varnished bronze mounted, walnut and burr-walnut commode, Bern, mid-18th century, attributed to Mathäus Funk (1697-1783)
Notre commode, mêlant un savant choix de placages de noyer de la meilleure qualité, un rare marbre rose du Rosenlaui et une fine parure de bronze doré finement déchiqueté, représente l’exemplaire le plus luxueux de la production de Mathäus Funk (1697-1783), membre le plus important de la dynastie d’ébénistes éponyme, active à Berne tout au long du XVIIIe siècle.
Funk commença son apprentissage à Francfort, puis résida à Paris pendant plusieurs années. Il retourna ensuite à Berne, où il fut autorisé à ouvrir son propre atelier en 1724. Seul parmi les ébénistes locaux à avoir reçu une formation parisienne, parmi ses clients figuraient la cour ducale de Württemberg et les plus grandes familles de la région.
L’influence parisienne est évidente dans le choix des ornements en bronze doré ; en effet la composition ornementale du cartouche en bronze de la façade ainsi que les coquilles étirées en accolade ou en « C », très découpées et associées à un élément naturaliste servant de pognée de tirage, sont directement issues du répertoire ornemental de Mathieu Criaerd l’un des plus importants ébénistes de la période Louis XV. Une commode estampillée par Criaerd et comportant la même ornementation en bronze doré est illustrée dans H. von Fischer, Fonk à Berne – Möbelausstattungen der Kunsthandwerkerfamilie Funk im 18. Jahrhundert in Bern, Berne, 2001, p. 321, fig. 631 (cfr. fig. 1).
Funk produisit une grande variété de secrétaires, bureaux, fauteuils et boîtes d’horloge, mais il est surtout connu pour ses commodes. Comme le signale Walter de Sager dans son ouvrage : « Cette commode, nouvelle pour les Bernois, captura leur imagination et devint la pièce de mobilier la plus importante de leurs salons au XVIIIe siècle ».
Une commode comparable, conservée à l’Hôtel de Musique de Berne, est illustrée dans H. Kreisel, ibid. (cfr. fig.2). Parmi les quelques rares exemplaires passés en vente ces dernières années, notons celle vendue chez Koller Zurich, le 17 septembre 2015, lot 1049 (34.100 CHF), chez Koller Zurich, le 23 mars 2016, lot 1062 (42.500 CHF), chez Christie’s Londres (cfr. fig. 3), le 26 avril 2016, lot 134 (23.750 £), chez Christie’s Londres, le 14 mars 2018 (cfr. fig. 4), lot 242 (25.000 £), ainsi que chez Koller Zurich, le 25 mars 2021, lot 1131 (25.000 CHF).