Mobile en fer forgé
Signé et daté
95 x 55 cm
Wrought-iron mobile; signed and dated 37.40 × 21.65 in.
Ancienne collection Marquis de Ségur
Collection particulière, Belgique
Londres, I.C.A., Philippe Hiquily Sculpture, exposition personnelle, 2 mai au 1er juin 1963
«Philippe Hiquily - Catalogue Raisonné 1948-2011, Volume 1», Loft Editions, Paris, 2012, reproduit en noir et blanc sous le n°154, p. 163
L'authenticité de cette œuvre a été confirmée par le Comité Hiquily.
Un certificat à la charge de l'acquéreur pourra être délivré par le Comité Hiquily.
“Tout se tient donc parfaitement en équilibre, instable peut-être mais en tout cas… en beau déshyquilibre.”
Alain Jouffroy
Hiquily a compris très vite que pour faire vivre sa sculpture, il faut rompre avec son attitude figée et muséale. Un souvenir lui revient. Alors qu’il est engagé en Indochine dans la Division Leclerc, il voit dans un village au Laos une fontaine dont la structure en bambou permet d’activer l’eau. Ce mécanisme naturel dispense sa propre magie.
Qu’en serait-il avec des éléments en métal ? Son premier mobile sera une « Fontaine » (1954). Puis il découvre l’art de Calder. Il observe sa légèreté, son apesanteur qui lui permet d’évoluer dans l’espace où elle trouve son équilibre. L’art académique a vécu.
Dès ses débuts il maîtrise parfaitement des techniques et est redevable à ses connaissances des moteurs et des rouages pour impulser le mouvement et placer ses figures humaines en quasi-apesanteur. Si de son côté Tinguely fait appel à des combinaisons complexes motrices et électriques, Hiquily, fidèle à la figure humaine, l’intègre dans une relation à la machine dont on peut chercher l’origine chez les surréalistes et peut-être chez Lautréamont avec une poésie de l’improbable.
Dans les années soixante, ses mobiles aériens participent de ses expériences, de ses happenings destinés à éviter le piège de la répétition dans une pratique artistique renouvelée, inventive, ludique. « Pour conjurer l’esprit de catastrophe » proposé par Jean-Jacques Lebel et réalisé à la galerie Daniel Cordier avec Erró, Malaval, Kudo (Masque de Happenings, 1962).
Extrait d’un texte de Lydia Harambourg publié à l’occasion de exposition Hiquily, Artcurial, 11 au 30 septembre 2025
Hiquily quickly understood that to bring sculpture to life, it was necessary to break free from its static, museum-bound stance. A memory comes back to him: during his time in Indochina with the Leclerc Division, he witnessed a bamboo fountain in a Laotian village whose structure allowed water to flow through a natural mechanism, delivering its own kind of magic.
What might happen with metal elements? His first mobile sculpture was a Fountain (1954). Soon after, he discovered Calder’s work and observed its lightness, its weightlessness, qualities that allowed it to evolve freely in space, in perfect balance. Academic art was a thing of the past.
From the beginning, Hiquily displayed remarkable technical mastery. His knowledge of engines and gears enabled him to impart movement and give his human figures the illusion of weightlessness. While Tinguely relied on complex motorized and electric combinations, Hiquily, ever faithful to the human form, fused it with machines – an approach rooted in surrealist tradition, perhaps even reminiscent of Lautréamont and his poetry of improbable encounters.
In the 1960s, his aerial mobiles became integral to these experimental happenings, conceived as a way to avoid artistic repetition through renewed, playful creativity. One such event was “To Ward Off the Spirit of Catastrophe”, proposed by Jean-Jacques Lebel and staged at Daniel Cordier Gallery with Erró, Malaval, and Kudo (Happenings Mask, 1962).
Excerpt from a text by Lydia Harambourg published in conjunction with the Hiquily exhibition at Artcurial, September 11–30, 2025