Signé en bas à gauche "h.Paul", daté, annoté, cachet de la signature et cachet de la vente au dos "59-44 / Mr.Ecalard / 24 mai 95 / Vente Galerie de Chartres / 23-10-2000-hermann Paul"
Atelier de l’artiste, puis par descendance
Vente Chartres, Galerie de Chartres, Lelièvre-Maiche-Paris, Vente Hermann-Paul , 23 octobre 2000, lot 11
Collection particulière, France
Eric Gillis Fine Art, Bruxelles
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire le 10 mars 2017
Collection Louis Grandchamp des Raux
Bruxelles, Eric Gillis Fine Art, 1785-1919. Paintings, Drawings & Sculpture, catalogue n°19, octobre 2017, n°10 p.76, reproduit en couleur p.77
C. Jeancolas, La Peinture des Nabis, FVW, Paris, 2002, reproduit p.17
Watercolor, gouache and India ink on paper; signed lower left, dated, annotated, stamped with the signature and stamp of the studio sale and on the reverse; 17 7/8 x 13 1/8 in.
Artiste engagé et caricaturiste de renom, René Georges Hermann Paul s’impose pendant quarante ans au premier rang des illustrateurs français. Formé à l’École des Arts décoratifs et à l’Académie Jullian, puis dans les ateliers des peintres Henry Lerolle et Gustave Colin, il débute par la production de lithographies en noir et blanc, avant de passer, dès 1891, à la couleur, révélant ainsi son talent pour la caricature. S’il aime représenter les mœurs bourgeoises, comme ces Élégantes sur les boulevards, Hermann-Paul est également un artiste engagé dans les combats politiques de son époque.
Dreyfusard de la première heure, il collabore avec la presse satirique et produit des dessins antimilitaristes et anticolonialistes pour des périodiques anarchistes.
Daté de 1895, ce dessin est à rapprocher de la manière dont les nabis représentaient les scènes de la Belle Époque à Paris. L’inspiration des estampes japonaises, le traitement en aplat, le cadrage resserré, la compression des plans avant et arrière, ainsi que la suppression des détails, révèlent la vision graphique puissante de l’artiste et inscrivent pleinement son art dans les préoccupations d’avant-garde des années 1890.
Le cadrage concentre l’attention sur les deux femmes, tandis que l’arrière-plan esquissé, plus lisible sur la lithographie, représente une femme qui hèle un fiacre devant des boutiques. Ces silhouettes jumelles qui se répondent, chacune tenant d’une main opposée le pli de sa jupe, sont à la fois surprenantes et séduisantes. Le motif moucheté des vestes, obtenu par l’encre appliquée sur un aplat de violet, rappelle les œuvres peintes par Édouard Vuillard à la même époque. Cette scène parisienne, reprise trois ans plus tard en lithographie, n’est pas sans rappeler le tableau peint par son ami Félix Vallotton, Scène de rue à Paris (1897, New York, Metropolitan Museum), qui illustre également des femmes flânant sur les boulevards, vêtues des mêmes tenues à la mode, un fiacre et des magasins à l’arrière-plan. À cette époque, Hermann- Paul et Vallotton collaboraient étroitement, alimentant les journaux satiriques de leurs caricatures et dessins humoristiques.