Signé en bas à droite "Fantin"
Collection Alfred Pacquement (1872-1948) ou Charles Pacquement (1871-1950), Paris, 1911
Collection Ochsé (peut-être Robert Lucien Willy Ochsé (1972-1952) ou Fernand Ochsé (1879-1944)), Paris, 1936
Vente Paris, Pierre Bergé & associés, 25 novembre 2015, lot 103
Vente Paris, Artcurial, 18 octobre 2016, lot 1
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
Paris, Palais de l’école nationale des Beaux-Arts, Exposition de l’oeuvre de Fantin-Latour, mai - juin 1906, n° 137, p. 51
Grenoble, musée Bibliothèque, Centenaire de Henri Fantin-Latour, août-octobre 1936, n° 190, p. 37
V. Dubourg, Catalogue de l’œuvre complet de Fantin Latour 1849-1904, Paris, Henri Floury, 1911, n° 405, p.54
É.Michel, R. Aulanier, H. de Vallée, Watteau L’Embarquement pour l’île de Cythère, Tours, Editions des musées nationaux, Tours, 1939, pl. XVIII, fig. 60
H. Adhémar, L’Embarquement pour l’île de Cythère : Watteau, Le musée des chefs-d’oeuvre, Vendôme, Paris, 1947, mention p.20
in catalogue d'exposition "Fantin-Latour", Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Ottawa, Galerie nationale du Canada, San Francisco, California Palace of the Legion of Honour, 1982 - 1983, mention p. 158
in catalogue d'exposition, "Watteau, 1684-1721", Washington, National Gallery of Art, Paris, Galeries nationales du Grand Palais, Berlin, Schloss Charlottenburg, 1984 - 1985, mention p. 401
in catalogue d'exposition, "Copier créer. De Turner à Picasso : 300 œuvres inspirées par les maîtres du Louvre", Paris, Musée du Louvre, 1993, mention p. 228
P. Michel, C. Ming Peng, F. Robichon, Fortune et infortune d’un maître : Watteau et sa réception, Institut de recherches historiques du Septentrion, Lille, 2023, fig. 60, p. 105
Oil on paper laid down on canvas, signed lower right; 8 1/2 x 13 1/4 in.
Le chef d’œuvre de Watteau, L’embarquement pour Cythère, est une peinture phare du XVIIIe siècle dont l’image est connue du plus grand nombre. C’est cette œuvre insigne qui inspire ici Henri Fantin-Latour qui aimait copier au Louvre les œuvres des maîtres anciens tels Raphaël, Rembrandt, Rubens, Poussin, Watteau, Géricault, Delacroix et tant d’autres. Parmi eux, ce sont ses tableaux peints d’après les Vénitiens, Titien et Véronèse, qui suscitent le plus d’admiration. Il reproduit ainsi jusqu’à dix fois les Noces de Cana (Paris, musée du Louvre, n° INV 142). A l’origine de commandes lucratives, son activité de copiste, qu’il considère véritablement comme un acte de dévotion envers ses prédécesseurs, favorise également la maturation de ses idées et nourrit son désir de créer à son tour des chefs d’œuvre.
Le nom de Fantin-Latour apparaît pour la première fois dans les registres du musée en 1852, lorsqu’il inscrit pour reproduire le Portrait de François Ier de Titien (Paris, musée du Louvre). Jusqu’en 1870, il poursuit ces longues heures de travail au sein du musée qu’il affectionne particulièrement et c’est là qu’il rencontre Victoria Dubourg, sa future épouse. Dans le catalogue raisonné de l’œuvre de Fantin-Latour rédigé en 1911, son épouse Victoria Dubourg dénombre au total cent-dix-sept copies de tableaux du Louvre.
Deux photographies prises dans l’atelier de Fantin-Latour, au 8 rue des Beaux-Arts à Paris, permettent d’observer notre tableau au mur1. L’œuvre est également mentionnée par Charles Saunier qui décrit ce lieu comme « bas, étroit, pas très bien éclairé […] sans bibelots et dont les murs étaient garnis de copies d`après Véronèse, Tintoret, Delacroix et Watteau. Il y avait notamment une interprétation de L’Embarquement pour Cythère, inoubliable »2. Le tableau est conservé par l’artiste jusqu’à son décès en 1904 et figure dans sa rétrospective en 1906, puis est présenté à l’occasion du centenaire de Fantin-Latour à Grenoble en 1936. C’est probablement après l’exposition de 1906 qu’Alfred ou Charles Pacquement se porta acquéreur de l’œuvre3.
1. Voir aussi Paul Cardon, Portrait d’Ignace Henri Jean Théodore Fantin-Latour, dit Henri Fantin-Latour (1836-1904), peintre et lithographe, dans son atelier, entre 1875 et 1904, tirage sur papier albuminé, H. 25,40 ; L. 20,50 cm, Paris, musée Carnavalet, Histoire de Paris, inv. PH8823. Le tableau apparaît au centre à gauche.
2. Charles Saunier, « Les domiciles de Fantin-Latour », dans Bulletin VIII - Société historique du VIe arrondissement de Paris, année 1905, t. I, p. 78.
3. Victoria Dubourg indique dans le catalogue de 1911 qu’il appartient désormais à « M. Pacquement ».