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Théodore GÉRICAULT 1791 - 1824
Cheval palomino effrayé par un lion et une lionne - 1822-1823
Estimation :
350 000 - 450  000 €

Description

Théodore GÉRICAULT 1791 - 1824
Cheval palomino effrayé par un lion et une lionne - 1822-1823
Huile sur toile
49.5 cm x 60 cm
Provenance :

Peut-être mentionné dans l'inventaire après décès de l’artiste, le 28 juin 1824 : « [n°] 38. quatre tableaux, trois en état d’ébauche le quatrième représentant un Cheval effrayé par un lion prisés dix francs »

Collection particulière, Rouen

Galerie Eric Turquin, Paris

Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire en 2011

Collection Louis Grandchamp des Raux

Bibliographie :

G. Rio, B. Chenique, Les chevaux de Géricault, catalogue d'exposition, Musée de la Vie romantique, Paris-musées, Paris, 2024, fig. 65, p. 126


Elle sera incluse dans le Catalogue raisonné des tableaux inédits de Géricault actuellement en préparation par Bruno Chenique.

Certificat :

L’authenticité de cette œuvre a été reconnue par Lorenz Eitner dans un courriel en date du 17 mai 2005, par Philippe Grunchec dans un courrier daté du 15 juillet 2016 et par Bruno Chenique dans une lettre du 29 mars 2005 et dans un dossier rédigé par ses soins.

Commentaire :

Oil on canvas; 19 1/2 x 23 5/8 in.


Cavalier passionné, Théodore Géricault développe son talent pour la peinture équestre auprès de Carle Vernet qui le forme pendant deux ans. Ce sont des centaines de dessins et de tableaux de chevaux que Géricault laisse derrière lui, explorant à la fois l’anatomie, le mouvement et les émotions de l’animal. Observateur minutieux, Géricault fait preuve d’un naturalisme détaillé qui témoigne de sa connaissance approfondie du corps et de la musculature des équidés.

Ce cheval palomino, à la robe dorée et aux crins lavés - plus clairs que le pelage -, constitue une singularité dans l’œuvre du peintre, pourtant attentif à explorer toutes les nuances de robes. La composition, classique et sobre, montre l’animal de profil dans un paysage.

 La plupart des portraits de chevaux de Géricault sont peints dans les années 1810-1815, datation retenue pour ce tableau par le professeur Lorenz Eitner. C’est la période durant laquelle il réalise plusieurs études à l’huile et tableaux achevés représentant des chevaux dans les écuries impériales de Versailles. Philippe Grunchec propose toutefois de situer l’œuvre au moment du séjour anglais de l’artiste, période durant laquelle il admire George Stubbs et James Ward. Les dimensions de la toile, inhabituelles dans le contexte français, viendraient appuyer cette hypothèse. Une troisième lecture, formulée par Bruno Chenique, s’appuie sur la présence d’un arrière-plan atypique dans lequel on observe une attaque à venir de lions rugissants : selon lui, cette scène permettrait de dater le tableau après le retour d’Angleterre, vers 1822-1823, peu avant la mort du peintre, ce qui expliquerait son caractère inachevé.

Le cheval, saisi en plein effroi - oreilles dressées, œil écarquillé -, aperçoit un couple de lions avançant dans la pénombre. Comme dans le Cheval attaqué par un lion1, ce sont les félins qui sont à l’origine du comportement de l’animal effrayé. Le thème de l’équidé affolé occupe une place majeure dans l’œuvre de Géricault. La composition pourrait d’ailleurs correspondre à l’œuvre mentionnée dans l’inventaire après décès de l’artiste sous le titre « un Cheval effrayé par un lion », tableau que Germain Bazin n’a pu identifier dans son catalogue de 1987. Selon Bruno Chenique, l’obscurité de l’arrière-plan aurait pu conduire les auteurs de l’inventaire à ne distinguer qu’un seul fauve. La figure du lion, symbole de force, revient fréquemment chez Géricault comme l’atteste un carnet de dessins conservé au musée du Getty (n° 95.GD.40.48). Marqué par les grands maîtres qu’il étudie avec avidité, il emprunte, dans un sens inversé, le motif du lion et de la lionne à Rubens tel qu’il apparaît dans L’arrivée de la reine Marie de Médicis à Lyon (exposée au Palais du Luxembourg entre 1802 et 1815 ; Paris, musée du Louvre). Comme la plupart des grands artistes, Géricault sait ce qu'il doit aux maîtres des siècles passés. Jeune et encore dans l'atelier de Carle Vernet, il passait beaucoup de temps à copier au Louvre les chefs-d’œuvre des plus grands noms. En tant que coloriste, esprit libre et romantique avant l'heure, Géricault est fasciné par Rubens dont il s'inspire tout au long de sa brève carrière. Plusieurs études réalisées d'après le cycle de la vie de Marie de Médicis témoignent de son attachement au génie flamand. La grande liberté de la touche - large, enlevée, virtuose -, l’éclat de la robe du cheval et l’harmonie générale de la composition confèrent à cette toile une force remarquable qui exprime l’influence du romantisme anglais sur l’école française de peinture.

 

1.      Théodore Géricault, Cheval attaqué par un lion, huile sur toile, 54 x 73 cm, Paris, musée du Louvre

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