Datée et signée en bas à gauche "72 / G. Courbet."
Vente Zurich, Koller, 18 mars 1999, lot 56
Vente, Pontoise, Martinot-Savignat-Antoine, 5-6 juin 1999, lot 67
Acquis lors de cette vente par Antal Post de Bekessy (1943-2015)
Puis par descendance
Vente Paris, Sotheby's, Une dynastie américaine en Europe. Les collections d'Eleanor Post Close et Antal Post de Bekessy, 19 décembre 2017, lot 483
Acquis lors de cette vente par l'actuel propriétaire
Collection Louis Grandchamp des Raux
La Gazette Drouot, n° 20, 14 mai 1999, reproduit p. 144
La Gazette Drouot, n° 25, 18 juin 1999, reproduit p. 166
L’authenticité de cette œuvre a été confirmée par Jean-Jacques Fernier dans une lettre en date du 28 octobre 1998. Une copie pourra être remise à l'acquéreur.
Oil on canvas laid down on panel, dated and signed lower left; 7 1/2 x 9 5/8 in.
Après l’épisode de la Commune au cours duquel il fut tenu pour responsable de la destruction de la colonne de la place Vendôme et sa condamnation à six mois de prison qu’il purge d’abord à la prison de Sainte-Pélagie puis à la maison de santé du docteur Duval à Neuilly, Courbet retourne dans son village natal d’Ornans en mai 1872, où il honore de nombreuses commandes. Il peint alors une vingtaine de toiles représentant des paysages maritimes, dont des vues normandes de la falaise d’Étretat, de celles de Mouthier ou de Saint-Aubin-sur-Mer. Ce sont des œuvres qu’il exécute de mémoire, comme lors de son emprisonnement, se remémorant son séjour de 1869 en bord de mer. C’est certainement le cas de notre Petite falaise, dont la localisation pourrait être située en Normandie. Cette période des « paysages de mer », comme les définit lui-même l’artiste, a débuté en 1865. L’artiste délaisse alors la Méditerranée estivale pour se tourner vers la Normandie automnale et ses ciels changeants. C’est à cette période qu’il produit sa fameuse série de Vagues. Le peintre construit ses toiles avec la couleur et use d’une matière dense qu’il applique généreusement souvent à l’aide d’un couteau à palette, comme pour souligner son mépris pour la finition soignée propre à la pratique académique. L’artiste démontre ici sa capacité à renouveler sans cesse son regard sur la nature avec une intensité renforcée par l’exercice du souvenir.