Émail sur cuivre bleu nuit et crème
15,5 × 10,5 cm
Signature de l’atelier «de Poli»
Provenance :
Collection privée Famille F., Padoue, Italie
An enameled copper vase by Gio Ponti and Paolo de Poli - circa 1950
6.10 × 4.13 in.
Technique délaissée depuis la Renaissance, l’émail est un artisanat exigeant, né de la fusion entre une surface métallique et du verre coloré. Paolo de Poli (1905–1996) a su en exploiter toutes les richesses et redonner un nouveau souffle à cet art traditionnel. Sa rencontre en 1940 avec Gio Ponti (1891–1979) sur les chantiers du Liviano et du Palazzo del Bo de l’université de Padoue fut décisive en ce sens. L’architecte, à la renommée déjà bien établie, et l’artisan qui venait récemment d’ouvrir son atelier en 1937, créèrent un imaginaire fantastique et merveilleux qui se traduisit tout d’abord dans du mobilier pour s’orienter en 1956 vers les objets décoratifs. Ils développèrent alors la série « Animaux » qui fit leur renommée. Ponti découpe des formes instinctivement dans des feuilles de papier, recréant le geste de Matisse ou de Picasso, tandis que Paolo de Poli les réalise en cuivre émaillé en leur appliquant de riches couleurs nuancées et librement combinées rendant chaque pièce spécifique. Leur aspect autant abstraits qu’expressifs, n’est pas sans rappeler les décors et costumes d’un théâtre que Ponti apprécie tout particulièrement. Leurs formes peuvent également évoquer les dernières réalisations architecturales de Gio Ponti telles que la cathédrale de Tarente dont la façade, légère et perforée, semble être découpée dans du papier. En 1950, leurs émaux furent présentés lors de l’exposition « Work: Her Renaissance in Design Today » à l’Art Institute of Chicago, ce qui contribua à leur reconnaissance et à celle du design italien.
Neglected since the Renaissance, enamel is a demanding craft born from the fusion of a metal surface with colored glass. Paolo de Poli (1905–1996) succeeded in exploring all its richness and breathing new life into this traditional art. His meeting in 1940 with Gio Ponti (1891–1979), on the construction sites of the Liviano and the Palazzo del Bo at the University of Padua, proved decisive in this regard. The architect, whose reputation was already well established, and the artisan, who had only recently opened his workshop in 1937, created a fantastical and wondrous imagination that initially took shape in furniture before shifting, in 1956, toward decorative objects. They then developed the “Animals” series, which brought them widespread recognition. Ponti instinctively cut shapes from sheets of paper, echoing the gestures of Matisse or Picasso, while Paolo de Poli rendered them in enameled copper, applying rich, nuanced, and freely combined colors that made each piece unique. Both abstract and expressive, these works recall the stage sets and costumes of a theater that Ponti particularly admired. Their forms may also evoke Gio Ponti’s later architectural works, such as the Cathedral of Taranto, whose light, perforated facade appears as though it were cut from paper. In 1950, their enamels were presented at the exhibition “ Work: Her Renaissance in Design Today” at the Art Institute of Chicago, contributing to their recognition and to that of Italian design.