Acrylique, huile et grattage sur toile
Signée, datée et titrée au dos "Nzambe Ako Sala (Dieu Pourvoira) 2021 Hilary Balu Kuyangiko"
176 x 238 cm
Acrylic, oil, and scraping on canvas; signed, dated, and titled on the back "Nzambe Ako Sala (Dieu Pourvoira) 2021 Hilary Balu Kuyangiko"
69.29 x 93.70 in.
Galerie Magnin-A, Paris
Acquis auprès de cette dernière par l'actuel propriétaire
Un certificat de la Galerie Magnin-A sera remis à l'acquéreur
FR
Hilary Balu, artiste congolais, s’est formé à l’École des Beaux-Arts de Kinshasa, où il a reçu une formation très académique marquée par les codes occidentaux. Regrettant dans son éducation l’absence de transmission des références et techniques de l’art congolais et plus largement de l’art africain, il met au centre de son œuvre le corps noir et utilise une technique singulière de grattage sur acrylique pour représenter la peau. Il se penche sur les transformations culturelles, économiques et spirituelles que le continent africain subit en lien avec la mondialisation.
Son œuvre Nzambe Ako Sala (« Dieu pourvoira » en lingala), issue de la série Flood of Illusions, traite des enjeux migratoires en utilisant la mer comme symbole central. Frontière à la fois porteuse d’espoir et lieu de tragédies, elle fait écho à l’histoire des migrations contemporaines, mais aussi à celle des conquistadors et des transactions esclavagistes. Hilary Balu intègre dans sa composition des objets symboles qui semblent de prime abord aléatoires : un sabre, un casque de moto de la marque Suprême, une statuette en bois. Cependant, ils sont choisis avec soin, et poussent l’observateur à s’interroger sur leur correspondance et leur signification plus en profondeur. Violences coloniales et société de consommation se juxtaposent sur cette représentation de jeunes migrants, qui ne voient l’espoir qu’en terre étrangère.
Brutale dans son sujet, l’œuvre est délicatement peinte, les flots de la mer sont précisément et poétiquement rendus et créés une atmosphère angoissante, à la manière de William Turner où ciel et mer semblent fusionner. Le travail des motifs et des drapés est précis et délicat. Ce jeu de textures et de détails entraîne l’observateur dans un récit plus complexe, où chaque élément questionne les enjeux futurs des migrations politiques et climatiques et nous confronte directement à ces voyageurs forcés de notre époque.
EN
Hilary Balu, a Congolese artist, was trained at the Kinshasa School of Fine Arts, where he received a highly academic education influenced by Western codes. Reflecting on his education, he lamented the absence of transmission of Congolese and, more broadly, African artistic references and techniques. In his work, he centers the Black body and employs a unique technique of acrylic scraping to represent the texture of skin. His art explores the cultural, economic, and spiritual transformations that the African continent undergoes in connection with globalization.
His piece Nzambe Ako Sala (“God Will Provide” in Lingala), from the Flood of Illusions series, addresses migration issues using the sea as a central symbol. As a boundary that is both a bearer of hope and a site of tragedies, the sea resonates with the history of contemporary migrations as well as with that of conquistadors and the transatlantic slave trade. Hilary Balu incorporates symbolic objects into his composition that may initially appear random: a saber, a Supreme motorcycle helmet, and a wooden statuette. However, each object is carefully selected, encouraging the viewer to reflect on their correspondence and deeper meanings. Colonial violence and consumer society intersect in this depiction of young migrants, who see hope only in foreign lands.
Brutal in its subject, the artwork is delicately painted, with the sea’s waves rendered precisely and poetically, creating an atmosphere of unease reminiscent of William Turner, where sky and sea seem to merge. The intricate work on patterns and drapery is precise and refined. This interplay of textures and details draws the viewer into a more complex narrative, where each element questions the future challenges of political and climate migrations and confronts us directly with the forced travelers of our time.