En or, à 29 maillons ciselés et émaillés à décor en alternance : d’une fleur de lys à flammes émaillées rouges ; du chiffre « H » du créateur de l’ordre Henri III orné sur les dessus et les côtés de couronnes royales, sur le dessous de cornes d’abondance ainsi que de flammes émaillées rouges ; d’un trophée d’armes au heaume empanaché émaillé bleu et blanc, d’un glaive, d’un carquois, d’une massue, d’une trompe et d’un drapeau, ainsi que de flammes émaillées rouge.
Les maillons sont rattachés les uns aux autres par des anneaux émaillés verts et des maillons striés. Un des maillons retient, par deux chainettes à 17 anneaux doubles et un fort anneau transversal striés, le bijou terminal.
Le bijou terminal du modèle de Ouizille-Lemoine :
Croix à quatre branches double à extrémités boulées, à pourtour émaillé blanc, et cœur à décor de flammes émaillées vertes. Chaque branche intercalée d’une fleur de lys en ronde bosse.
Avers du centre orné d’une colombe à queue non découpée, émaillée blanche à pourtour du plumage d’or, sur fond de flammes émaillées vertes. Revers du centre en deux parties, décoré de Saint Michel terrassant le dragon, émaillé.
Fermoir du collier à crochets, en deux parties à décor de rinceaux et fleur de lys, poinçonné à la tête de bélier (1818-1838).
Rapport de condition :
Bijou en TTB. (Infimes cheveux et petits manques d’émail aux flammes du revers).
Collier en TB. (dix-neuf maillons avec éclats et manques, principalement aux flammes rouges, dont huit avec petits déformations aux pointes).
Poinçon tête de bélier sur une de fleurs de lys.
Tête de colombe non émaillée. Yeux et bec émaillés rouge
Dimensions (bijou) : 72 x 70 mm
Dimensions (un maillon) : 43 x 48 mm
Poids brut total : 538 g
Écrin trilobé en bois recouvert de maroquin rouge (usures et petits manques sur la tranche) frappé sur le couvercle des grandes armes de France ceintes des ordres du Roi et sur le pourtour d’une frise de lauriers entrelacés noués par des rubans retenant en leur centre des fleurs de lys et des couronnes en alternance.
Fermeture par trois fermoirs en laiton, à attaches de couvercle en moire bleu ciel (coupées).
Garnitures en velours gris.
Il repose sur cinq pieds demi-sphériques.
L’écrin porte sur le dessous et dans le couvercle l’étiquette du fabricant marquée à l’or : « OUIZILLE & LEMOINE BIJOUTIERS DU ROI QUAI CONTI n°7 ».
Ordre créé par Henri III le 31 décembre 1578.
A rare collar of the Order of the Holy Spirit, Restoration period, circa 1825
- Remis sous la Restauration à un chevalier de l'Ordre non identifié ;
- Remis au 5e comte d'Ashburnham, nommé le 18 novembre 1897 par Don Carlos, duc de Madrid ;
- Remis à une famille aristocratique française au début du XXe siècle ;
- Puis par descendance.
- Hervé PINOTEAU, État de l'ordre du Saint-Esprit en 1830 et la survivance des ordres du roi, Nouvelles éditions latines, 1983, p. 116 ;
- Patrick SPILLIAERT, Les ordres royaux français, histoire des ancêtres de la Légion d’honneur, Le Léopard d’or, 2026, p. 125 ;
- Patrick SPILLIAERT, Les insignes de l’ordre du Saint-Esprit, Le Léopard d’or, 2026, p. 125.
Notre collier est un exemple tout à fait extraordinaire de la survivance de l’ordre du Saint Esprit à travers le temps.
Fait unique, il a été remis à trois récipiendaires différents.
Fabriqué à l’occasion du sacre de Charles X, il fait partie de la fabrication des 50 colliers faits par la Maison Ouizille-Lemoine (successeurs de la Maison Halbout), commandés le 15 novembre 1824, terminés en janvier 1825 et réglés à 3700 francs pièce en juin de la même année.
Notre collier a pu être distribué au sacre du Roi mais aussi aux cérémonies de réception des jours de la Pentecôte entre 1826 et 1830.
Après la chute de la Royauté, à la mort des récipiendaires, certains colliers, dont le nôtre, furent restitués au comte de Chambord. Le nom du récipiendaire du nôtre a été perdu au cours du temps.
Le duc de Madrid, don Carlos, successeur du comte de Chambord, et prétendant carliste au trône d’Espagne et au trône de France nomme le 5e comte d’Ashburnham en 1897 chevalier de l’ordre, en raison de son important soutien financier et logistique à la cause carliste. Le comte prête même son domaine gallois pour l’entrainement des recrues. Ashburnham est également un soutien de la cause autonomiste irlandaise.
Nous remercions M. Patrick Spilliaert de son aide dans la rédaction de cette notice.