65
Giuseppe Maria Mazza (Bologne, 1653-1741), après 1720
Putto endormi
Estimation :
10 000 - 15  000 €

Description complète

Giuseppe Maria Mazza (Bologne, 1653-1741), après 1720
Putto endormi

Figure en terre cuite

Allongé sur un rocher de forme stylisé ; le dos creux ; anciennes restaurations

Dimensions : 25 × 35 cm (9 ¾ × 13 ¾ in.)


Provenance :

Ancienne collection Sgarbi.


A terracotta figure depicting a sleeping putto, by Giuseppe Maria Mazza (Bologna, 1653-1741), after 1720

 

Cette terre cuite, autrefois dans la collection Sgarbi, a été publiée pour la première fois en 2012 avec une attribution à Andrea Ferreri (Milan, 1673-Ferrare, 1744), sur la base d’une comparaison avec l’Anteros des Collections communales d’art de Bologne, signé « A.F.F. » et daté de 1740(1). Comme l’avait souligné Stefano Tumidei en 1991 à propos de cet Anteros, alors en collection privée, Ferreri y déploie un style si proche de celui de Giuseppe Maria Mazza qu’il apparaît presque comme son alter ego, ou du moins comme l’héritier le plus fidèle de son langage artistique(2).

 

Un Cupidon debout daté de 1726 et signé « G.M.F. » (collection privée) constitua probablement un modèle de référence pour le Ferreri de l’Anteros(3).

 

Le thème des putti connut un immense succès au XVIIe siècle, notamment grâce à Alessandro Algardi, figure majeure de la sculpture émilienne, célèbre pour ses petits amours et enfants en terre cuite(4).

 

Dès 1673, Alessandro Fava rémunérait ainsi Mazza pour « un petit putto …endormi destiné à être placé sur une table »(5). Les Fava, parmi les premiers mécènes du sculpteur bolonais, possédaient plusieurs groupes de putti en terre cuite(6), témoignant déjà de la virtuosité du jeune artiste dans le modelage6 et celui réalisé en 1673 devait certainement être de la main du jeune talentueux artiste, alors âgé d’une vingtaine d’années(7). Mazza revint souvent à ce sujet au cours de sa carrière, notamment avec un Cupidon endormi en terre cuite signé et daté « G.M.F. 1736 » (collection privée, Cento)(⁸).

 

La comparaison avec cette œuvre ainsi qu’avec le Cupidon debout de 1726 permet aujourd’hui de rattacher le Putto endormi ici présent à Giuseppe Maria Mazza lui-même. Si le traitement des chairs souples et enfantines reste très proche chez Mazza et son élève Ferreri, le rendu des draperies distingue davantage les deux artistes.

 

Chez Ferreri, les plis du manteau sont minutieusement détaillés dans un langage plus fragmenté, tandis que Mazza privilégie des plis amples et fluides, semblables à ceux du manteau servant d’appui au putto endormi. Le visage rond et charnu de l’enfant rapproche également davantage cette œuvre des modèles de Mazza que de l’Anteros de Ferreri.

 

Ces rapprochements stylistiques solides permettent donc d’attribuer cette sculpture à Giuseppe Maria Mazza et d’en situer l’exécution dans une phase tardive de sa carrière, après 1720.

 

Nous remercions le professeur Andrea Bacchi pour sa notice.

 

(1) Fausto Gozzi, scheda in Il fascino della terracotta: Cesare Tiazzi - uno scultore tra Cento e Bologna 1743-1809, catalogo della mostra (Cento, Pinacoteca Civica) A cura di G. Adami, C. Grimaldi Fava, A. Mampieri, Cinisello Balsamo (MI), 2012, pp. 198-199, cat. 17, fig. 17°.

(2) Stefano Tumidei, Terrecotte bolognesi di Sei e Settecento: collezionismo, produzione artistica, consumo devozionale, in Presepi e terrecotte nei musei civici di Bologna, catalogo della mostra (Bologna, lapidario dl Museo Civico Medievale) a cura di R. Grandi, M. Medica, S. Tumidei, A. Mampieri, C. Lorenzetti, Bologna, 1991, p. 27 (fig. 10) e 32.

(3) La terracotta, già in collezione Sackler, è passata all’asta a New York nel 2010 (Sotheby’s, Important European Terracotta & Bronze Sculpture from the Arthur M. Sackler Collections, 29/01/2010, New York, lotto 463, cfr. Silvia Massari, Giuseppe Maria Mazza, tesi di dottorato, Università di Trento, 2012-2013, p. 801, cat. 141. E’ stata recentemente pubblicata, con l’errata datazione al 1736, da Fausto Gozzi, scheda in Il fascino della terracotta cit., p. 190, cat. 13 (fig. 13°).

(4) Stefano Pierguidi, Bellori e i putti nella scultura del Seicento: Brnini, Duquesnoy, Algardi, in “Marburger Jahrbuch für Kunstwissenschaft”, XXXIX, 2012, pp. 155-180

(5) Silvia Massari, Giuseppe Maria Mazza e l’“Accademia” di palazzo Fava: nuove opere, nuovi documenti, in “Nuovi Studi”, XVIII/19, 2013, p. 197

(6) Ibidem, pp. 202-203, nota 8.

(7) Massari, op. cit., 2012-2013, pp- 849-850, cat. 167

(8) Ibidem; F. Gozzi, scheda in Il fascino della terracotta cit., p. 190, cat.

Commissaire-priseur

Juliette LEROY-PROST
Commissaire-priseur
Tél. +33 1 42 99 17 10
jleroy@artcurial.com

Contacts

Charlotte NORTON
Administrateur des ventes
Tél. +33 1 42 99 20 68
cnorton@artcurial.com

Bureau des enchères

Kristina Vrzests
Tél. +33 1 42 99 20 51
bids@artcurial.com

Actions