294
Jean-Jacques François LE BARBIER dit l'AINÉ Rouen, 1738 - Paris, 1826
Le premier homme et la première femme, tiré du chant IV du Paradis Perdu de John Milton
Estimation :
60 000 - 80 000 €

Description complète

Le premier homme et la première femme, tiré du chant IV du Paradis Perdu de John Milton
Huile sur toile

Signée et datée ‘Le Barbier L’aîné 1798’ en bas à gauche


The first man and the first woman from Paradis Perdu by Milton, oil on canvas, signed and dated, by J.-J. F. Le Barbier, called the Elder

57,87 x 44,88 in.

147 cm x 114 cm
Provenance :

Vente anonyme ; Paris, Hôtel Drouot,5 mars 1976 ;

Galerie Marcus, Paris, 1976 ;

Vente anonyme ; Paris, Paris, Hôtel Drouot, Millon, 10 avril 2019, n° 29 ;

Acquis lors de cette vente par les actuels propriétaires ;

Collection particulière, Paris

Expositions :

Paris, Salon de 1801, p. 37, n° 214

Paris, Salon de 1814, p. 57, n° 591

Bibliographie :

Catalogue d’octobre, Galerie Marcus, 1976, repr.

Michel Jacq-Hergoualc'h, Jean-Jacques François Le Barbier l'aîné 1738-1826. La vie et l'art. Catalogue de l'œuvre peint, Tokyo, 2014, p. 260-263, n° P118

Commentaire :

On y joint la gravure par C. Normand pour Landon.


Peint au sortir de la Révolution, notre tableau témoigne pour Le Barbier d’un retour à la peinture religieuse qu’il avait délaissée depuis la fin de l’Ancien Régime au profit de sujets politiquement engagés. Le sujet est également littéraire ; il est en effet tiré du chant IV du Paradis Perdu de John Milton. Le poème semble en vogue dans un climat romantique naissant, comme en témoignent les œuvres de Johann Füssli qui s’en inspirent. Traduite par Châteaubriand, illustrée par Gustave Doré, l’épopée est l’un des textes phares du romantisme et inspire aux artistes des interprétations marquantes à l’instar du Pandemonium de John Martin. L’inventaire après-décès de l’artiste rédigé en 1826 nous apprend en effet que l’artiste possédait une édition de 1755 du Paradis Perdu dans la traduction de Louis Racine.


Une esquisse dessinée de cette composition fut présentée au Salon de 1798, date de la réalisation de notre tableau. Celui-ci ne fut toutefois pas présenté avant le Salon de 1801, Le Barbier n’ayant pas exposé en 1800. Sous le titre Le premier homme et la première femme, l’œuvre reçut un accueil mitigé. L’artiste révèle ici une œuvre interlope, entre deux siècles : son esprit raffiné et sa palette font directement écho à l’art de son maître Jean-Baptiste-Marie Pierre tandis que les tonalités nacrées des figures et la composition manifestent l’influence de Girodet. Le tableau fut à nouveau présenté au Salon de 1814.

               

Accroupi dans le coin inférieur droit de la composition, Adam est surpris par l’apparition d’Eve, créature opaline surgie d’un buisson de roses. Il n’a guère le temps de se remettre de cette vision inédite pour l’Homme et éternellement charmeresse qu’un Amour vient embraser leurs cœurs, les unissant par un amour assez fort pour causer la chute de l’Humanité. L’apparition de cet angelot rappelant le premier néoclassicisme de Joseph-Marie Vien au milieu d’une composition de tradition davidienne dévoile la diversité des inspirations d’un peintre alors âgé de soixante ans. Un lion lèche les pieds d’Eve, signifiant que la force est désormais soumise à la beauté. Cette allusion semble s’appliquer à Hélène et Pâris (Louisville, Speed Art Museum) du même auteur, en compagnie duquel notre tableau fut exposé au Salon de 1801. Au travers de deux sujets épiques, l’un religieux et l’autre mythologique, Jean-Jacques Le Barbier rappelle à un climat artistique marqué par le virilisme révolutionnaire de David l’adage Omnia vincit Amor. On notera qu’Eve surgit d’un buisson de Rosa centifolia (cent-feuilles), variété très à la mode vers 1800 sous l’influence de Joséphine de Beauharnais qui en fit planter à la Malmaison à partir de 1799.

Commissaire-priseur

Matthieu FOURNIER
Commissaire-priseur
Tél. +33 1 42 99 20 26
mfournier@artcurial.com

Contacts

Léa PAILLER
Administrateur des ventes
Tél. +33 1 42 99 16 50
lpailler@artcurial.com

Bureau des enchères

Kristina Vrzests
Tél. +33 1 42 99 20 51
bids@artcurial.com

Actions