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Jacob MARREL Frankenthal, 1613 – Francfort-sur-le-Main, 1681
Vase de fleurs sur un entablement
Estimation :
30 000 - 40 000 €

Description complète

Vase de fleurs sur un entablement
Huile sur panneau de chêne, deux planches

Monogrammé et daté ‘JMoK fecit / A° 1679’ en bas à droite

(Restaurations)


Vase of flowers on an entablature, oil on oak panel, dated, by J. Marrel

25.19 x 18.50 in.

64 cm x 47 cm
Provenance :

Collection du comte Jan de Bousies, Bruxelles ;

Collection Gaston Peltzer, Verviers (Belgique), en 1965 ;

Vente anonyme ; Londres, Christie’s, 11 décembre 1992, n° 68 ;

Collection particulière, Bruxelles

Bibliographie :

« Un amateur de peinture ancienne vous montre les fleurs de sa collection », Connaissance des Arts, 157, mars 1965, p. 80 (comme Attribué à Jan Davidsz. De Heem)

Gerhard Bott, Ein Stück von allerleei Blumenwerk, ein stuck von Früchten, zwei Stück auf Tuch mit Hecht : die Stillebenmaler Soreau, Binoit, Codino und Marell in Hanau and Francfurt 1600-1650, Hanau, 2001, p. 226, n° 11

Commentaire :

Peint dans les dernières années de son activité, notre tableau illustre parfaitement la synthèse que réalise Jacob Marrel entre la nature morte de tradition allemande, qu’il apprit auprès de Georg Flegel dans son jeune âge, et l’héritage hollandais qu’il découvrit à Utrecht dans l’atelier de Jan Davidz. de Heem à partir de 1632. L’artiste est alors à Francfort et fait preuve d’une immense maîtrise technique dans le rendu des volumes, des effets de transparence. Chaque fleur est connue de Marrel et tout particulièrement les tulipes auxquelles il dédia un fameux catalogue conservé au Rijksmuseum (n° RP-T-1967-86), de nombreuses études et sur le marché desquelles il a spéculé, prenant ainsi part à la célèbre tulpenmania. Il paraît également opportun de souligner le fait que le peintre aurait créé, à Francfort, une école de peinture de fleurs. On reconnaîtra notamment des roses, tulipes, iris, myosotis, soucis ainsi que, régnant sur une corniche de pierre, une sauterelle prête à bondir sur le regardeur. Elle a pour voisine un chrysanthème coupé dont un bouton n’éclora sans doute pas ; funeste présage et memento mori offrant ainsi une méditation propre à la nature de ce tableau qui est tant une stilleven qu’une stilleben.

Le morceau de bravoure de notre tableau se trouve notamment dans les reflets peints sur la panse du vase et révélant l’intérieur de l’atelier du peintre. On observe en effet, sur la partie gauche, deux hautes baies de verre sur lesquelles on devine des motifs héraldiques presque lisibles. Le coin inférieur droit du vase dévoile un intérieur éclairé à la bougie semblant reposer sur de hautes voûtes. Ces détails sont à mettre en parallèle avec un tableau plus précoce du même artiste présentant un jeu de reflets comparable (Vente anonyme ; Christie’s, New York, 14 janvier 1993, n° 51).

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