The rapture of Saint Mary Magdalene by the angels, oil on canvas, by L. Cretey
13.77 x 11.81 in.
"Peintre assez difficile à définir"1, Louis Cretey, né à Lyon vers 1635 et formé auprès de son père, ne suivit en effet aucun enseignement académique. Ses peintures se caractérisent par une grande liberté d'exécution et un style tout à fait singulier éloigné de celui de ses contemporains français. Il connut une carrière itinérante entre Lyon, Parme et Rome. En l'absence de connaissances précises relatives à l'artiste, ses œuvres furent longtemps données à des peintres italiens tels que Giovanni Battista Pittoni, Antonio Balestra, Giuseppe Bazziani ou encore l'autrichien Paul Troger. Un article publié dans la Revue de l'Art en 1988 s'attacha à sa redécouverte², suivi vingt ans plus tard d'une importante rétrospective au musée des Beaux-Arts de Lyon3. Ces études majeures permettent aujourd'hui d'apprécier pleinement l'œuvre de Cretey. C'est l'iconographie religieuse qui domine dans son œuvre et le tableau que nous présentons en est un nouveau témoignage. Il illustre le ravissement de Marie Madeleine qui s’élève vers le ciel soutenue par deux anges. Il s’agit probablement d’une étude pour un tableau connue par les sources anciennes, jadis dans les collections de la famille Boscoli à Parme, dont nous connaissons une description dans l’inventaire de Giovanni Simone Boscoli (1612-1701) : « (…) l’altro une Maddalena e due Angioli in alto nella gloria, cornice bianca, stimato doppie 6. »4. Le tableau final comportait un pendant représentant saint Jean-Baptiste5. L’activité du peintre à Parme est liée au mécénat des Boscoli dont l’inventaire signale plusieurs tableaux de la main de Cretey. Notre tableau rappelle les sources italiennes dans lesquelles il puise au cours de son séjour ultramontain telles les œuvres de Pier Francesco Mola ou Giovan Battista Gaulli. Nous retrouvons les caractéristiques formelles des tableaux de notre peintre lyonnais dont la construction est rythmée par une diagonale fermement campée qui renforce l’effet ascensionnel déjà permis par la perspective en légère contre-plongée.
1. J. Pernetti, Recherches pour servir à l'histoire de Lyon, Lyon, 1757, t. II, p. 132.
2. Gilles Chomer, Lucie Galactéros-de Boissier, Pierre Rosenberg, "Pierre-Louis Cretey : le plus grand peintre lyonnais de son siècle ? ", in La Revue de l'Art, 1988, n° 82, p. 19-38.
3. Louis Cretey. Un visionnaire entre Lyon et Rome, cat. exp., Lyon, musée des Beaux-Arts, 2010-2011.
4. Nous renvoyons au catalogue de Lyon : Louis Cretey. Un visionnaire entre Lyon et Rome, cat. exp., Lyon, musée des Beaux-Arts, 2010-2011, p. 253, n° P.M. 25.
5. Ibid., p. 252, n° P.M. 20.