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Jean-Baptiste de CHAMPAIGNE Bruxelles, 1631 - Paris, 1681
Amours jetant des roses
Estimation :
30 000 - 50 000 €

Description complète

Amours jetant des roses
Toile

(Restaurations)

Sans cadre


Cupids scattering roses, canvas, by J.-B. de Champaigne

105.51 x 100.19 in. 

268 cm x 254.5 cm
Provenance :

Dans la même famille depuis le XIXe siècle ;

Collection particulière, Nouvelle-Aquitaine

Commentaire :

Âgé de douze ans, Jean-Baptiste quitte Bruxelles, sa ville natale, en 1642 pour se rendre à Paris, où l’a appelé son oncle Philippe de Champaigne (1602-1674), afin de l’assister. Dans l'atelier familial, il se lie d’amitié avec Nicolas de Plattemontagne (1631-1706). Le voyage en Italie qu’il entreprend entre 1658 et 1659 le marque peu. A son retour, il collabore aux grands chantiers royaux commandés à Philippe : les appartements du château de Vincennes (1659), le réfectoire du couvent du Val-de-Grâce (1663-1665), les décors des Tuileries (1666-1669), et du Louvre. Reçu à l’Académie Royale en avril 1663, il obtient le marché du May de Notre Dame en 1667. La commande la plus prestigieuse de sa carrière est la décoration du plafond du salon de Mercure à Versailles en 1672. Très actif à l’Académie Royale, Jean-Baptiste commente plusieurs œuvres de Nicolas Poussin dans ses conférences. Il s’oppose à son oncle qui, en 1671, lance un débat qui allait prendre des proportions inattendues en faisant l'éloge de la couleur d'un tableau de Titien. Tenant avec Charles Le Brun de la primauté du dessin, au centre de l'enseignement de l'institution, Jean-Baptiste s’oppose au clan des coloristes, même s’il tente de concilier les deux partis. Depuis les publications de Bernard Dorival (1992)1, de Dominique Brême et Frédérique Lanoë (2007)2, sa personnalité a été individualisée et son corpus détaché de celui de Philippe, le montrant progressivement sensible à l’influence de Le Brun.

 

Notre guirlande d’enfants évoque, dans une version profane, les angelots qui figurent sur les Assomption de la Vierge de Philippe de Champaigne (Alençon, musée des beaux-Arts et de la dentelle) et de notre peintre (1660, Bruxelles, collégiale Saint-Michel-et-Sainte-Gudule). Cependant, aucun des groupes de ces chérubins ne possède un tel mouvement ascensionnel baroque. Le style de notre toile incite à la situer au début des années 1670. Nous pouvons la comparer avec La Justice et la Paix, le seul des quatre écoinçons de la chambre du Grand Dauphin au château des Tuileries qui subsiste aujourd’hui, qu’il a peint vers 1666-1669 (collection particulière, fig. 1)3 et surtout avec le groupe de putti en vol placé sous le char du dieu dans son Triomphe de Mercure, ornant la voûte du salon de Mercure au château de Versailles (fig. 2). Nous retrouvons, en partie inférieure, le motif de la pluie de roses. Jean-Baptiste propose ici une variation de son plafond royal, en insistant sur le buisson végétal qui donne à l’œuvre un aspect plus décoratif. Il est probable que notre tableau fut destiné à un hôtel particulier dont la commande et le décor n'auraient pas laissé de trace.



1. Bernard Dorival, Jean-Baptiste de Champaigne (1631-1681) : la vie, l'homme et l'art, Paris, Léonce Laget, 1992.

2. Catalogue de l'exposition A l'Ecole de Philippe de Champaigne, Musée d'Art, Histoire et Archéologie, Evreux, 2007-2008.

3. Op. cit., note précédente, p. 96-98, n°16 et catalogue de l'exposition, Le Grand Dauphin Fils de roi, père de roi et jamais roi 1611-1711, château de Versailles, octobre 2025- février 2026, p. 77

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