En céramique moulée et peinte sous glaçure transparente incolore, Khosrow accompagné d’un page surprend Shirin au bain, une duègne debout derrière Shirin la protège d’un voile, assise sur un coffre où se trouve la signature du peintre, un décor floral au premier plan et architectures d’Ispahan au loin, bordures florales, petites fissures de cuisson, intact
Dim. : 39,5 x 51 cm
Anaf Arts Auction, Lyon, 9 avril 2006
Collection particulière française
Le sujet représenté illustre un épisode de la romance de Khosrow et Shirin, l’un des récits les plus célèbres de la littérature persane classique, popularisé au XIIe siècle par le poète Nizami (m.1209) dans son Khamsa. L’histoire relate l’amour du souverain sassanide Khosrow II pour la princesse arménienne Shirin, dont les rencontres, souvent mises en scène dans des jardins ou des paysages idylliques, ont nourri pendant des siècles l’iconographie persane, notamment dans la peinture de manuscrit puis dans les arts décoratifs. La scène du bain de Shirin, surprise par Khosrow, constitue l’un des moments les plus emblématiques du récit, associant sensualité voilée et idéal courtois.
Ce thème, largement diffusé à l’époque qajare, se retrouve ici transposé sur un carreau céramique signé Ustadh ‘Abbas Kashi (céramiste), maître artisan actif à la fin du XIXe siècle. Ce potier a dû être actif au sein d'un atelier, puisque d'autres carreaux presque identiques existent, tel que celui signé Ustadh 'Ali Muhammad vendu chez Artcurial à Paris, 2 novembre 2021, no. 152. L'exposition de cette production de luxe, notamment un exemple d'Ali Muhammad, lors des Expositions universelles participa de leur extrême popularité en Europe. Deux autres carreaux de ce type sont conservés au Victoria and Albert Museum, Londres (inv. 228-1887), et au Quai Branly (inv. 70.2013.3.1).