Charles de Gaulle aborde sa carrière dans l’Armée.
« Je me permets de vous adresser, ci-joint, la liste des trois blessures et des cinq citations (dont quatre à l’ordre de l’Armée) que votre serviteur a récoltées sur les champs de bataille.
Peut-être jugerez-vous qu’en parlant comme il l’a fait de mes services de guerre, M. Daladier les connaissait assez vaguement. Sans doute ceux qui l’ont renseigné dans la matière ont-ils écouté leur passion « théologique » plutôt que la stricte équité. Pour être édifié, le ministre n'aurait, d’ailleurs, qu’à se faire présenter mon dossier.
Au surplus, depuis 1933, année de ma promotion au grade de lieutenant-colonel, ni mes camarades, ni moi, n’avons eu à faire la guerre. Ce ne sont donc pas leurs services de guerre qui pourraient justifier la préférence donnée à des officiers, dont, jusqu’en 1933, on avait jugé qu'ils devaient passer après moi.
La vérité toute simple est que, depuis 1933, sont venus au jour les idées que vous savez et les événements qui les confirment. Quelques-uns trouveraient fort bon d’étouffer les idées en étranglant le protagoniste.
Cette médiocre affaire n’a d'importance qu’autant qu’elle constitue un épisode de la grande bataille pour la rénovation militaire, bataille que vous avez eu, Monsieur le Ministre, l'intelligence et le courage de vouloir diriger, bataille que vous gagnerez - j'en suis sûr - pour le salut du pays. »
Légères pliures sur le côté droit et petite trace de clou sans atteinte au texte.
L. N. C., vol. 1, p. 826-827.