Considérations sur la politique militaire générale en France menée par Paul Reynaud.
« Depuis que vous avez adopté la politique générale et militaire que l’on sait, trois faits immenses sont venus confirmer à quel point vous avez vu juste :
1. L’impuissance militaire montrée par la France, le 7 mars, faute d’avoir créé le Corps spécialisé et de pouvoir, par conséquent, répondre immédiatement, c’est-à-dire sans ou avant mobilisation, à l’occupation par l’occupation sur la rive gauche du Rhin.
2. L’effet produit en Europe sur nos amis et sur les hésitants par cette carence, hélas ! éclatante. Je puis, notamment, vous dire confidentiellement que la commission mixte politique et militaire, qui étudie actuellement en Belgique l’attitude à prendre en cas d’invasion (défense de la frontière ou repli sur Anvers) et, par suite, l’organisation militaire à adopter, est désormais résolument opposée à la stratégie de M. Devèze et de l’accord franco-belge de 1920 (livrer bataille à Liège en attendant les Français).
3. La création vraiment sensationnelle par les Allemands des fameuses Panzerdivisionen que vous aviez, le premier, réclamées publiquement, et auxquelles, quoi qu'on dise, et bien que l'on crâne, pour se disculper, nous n’avons rien à opposer d'équivalent.
Il me paraît évidemment impossible que l’homme d’État, qui a eu la clairvoyance et le courage de s'incorporer à la grande idée de cette réforme militaire, s’abstienne dans le débat —d'avance marqué pour l’Histoire – du 28, de marquer ces points-là pour le Passé et pour le Présent, et de montrer, pour l'Avenir, qu'il persévère dans le service par lui rendu au pays. »
L. N. C., vol. 1, p. 798-799.