Remarques sur la direction à donner à notre politique militaire.
« Si bien que M. Daladier s’est cru tenu de faire sur le moment une déclaration, très intéressante, moins en raison des arguments (que vous connaissez et qui ne se renouvellent pas) que par le fait que cette déclaration préfigure le discours imminent du Ministre.
Je ne sais si vous avez l’intention de dire encore quelques mots mardi (explication de vote ?…) après le discours de M. Daladier. Dans l’affirmative, il me semble que, de tout le débat parlementaire, il ressort trois conclusions :
1. Tout le monde est d’accord pour que la force française soit accrue et pour qu’elle le soit dans l’ordre de la qualité (matériel et personnel).
2. Toutes les préoccupations de tous les orateurs ont porté presque exclusivement sur les parties de nos forces qui sont à la fois les plus puissantes et les plus spécialisées (Aviation, Corps mécanique, Fortifications, Marine). Ceci est un signe des temps et la preuve d’une évolution.
3. Ne nous battons pas sur des mots, ni sur des préjugés d’un autre âge. Et puisqu'il est avéré que l’importance relative de certains éléments s’accroît rapidement tous les jours, donnons à ces éléments-là la plus grande valeur possible de manière qu’ils forment « couverture » assurée, constante et immédiate à la nation armée. Voilà, tracée par la force des choses et par le sentiment unanime des représentants du pays, la « direction » à donner à notre politique militaire. »
Traces de trombones sans atteinte au texte.
L. N. C., vol. 1, p. 830-831.