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François MORELLET (1926-2016)
Tous les 45 mm, tous les 60 mm - 1975
Estimation :
80 000 - 120 000 €

Description complète

Tous les 45 mm, tous les 60 mm - 1975
Huile sur toile
140 cm x 140 cm
Signée, datée, titrée et annotée au dos sur le châssis "Tous les 45 mm, Tous les 60 mm, Morellet, 1975, n°75036" Pièce unique
Provenance :

Galerie M, Bochum (Allemagne)

Galerie Mueller-Roth, Stuttgart

Collection particulière, Bruxelles

Vente, Paris, Artcurial, 21 octobre 2007, lot 173

Mayor Gallery, Londres

Vente, Paris, Artcurial, 29 mai 2011, lot 92B

Acquis au cours de cette vente par l'actuel propriétaire

Expositions :

Paris, Centre Georges Pompidou, Musée d'Art Moderne, François Morellet, mars-mai 1986

Gand, Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Morellet - autour de 1970, 2004-2007

Expertise :

Cette œuvre est enregistrée dans les Archives François Morellet sous le n°75036.

Certificat :

Une copie du certificat de l'artiste sera remise à l'acquéreur (original perdu).

Commentaire :

Oil on canvas; signed, dated, titled and inscribed on the reverse on the stretcher; unique piece; 55 ⅛ x 55 ⅛ in.


L’adjudication est HT. La TVA au taux réduit de 5,5% s’applique sur l’adjudication et la commission de vente. Cette TVA est récupérable pour le professionnel français. Elle est remboursable pour un acheteur hors UE sur présentation des justificatifs d’exportation hors UE ou pour un adjudicataire professionnel justifiant d’un numéro de TVA intracommunautaire et d’un document prouvant la livraison dans l’Etat membre.

 

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Dans Tous les 45 mm tous les 60 mm, François Morellet répète à l’infini des tirets noirs horizontaux de même longueur et de même épaisseur, disposé à intervalles réguliers : 4,5 cm sur une ligne, puis 6 cm sur la suivante, et ainsi de suite. Cette alternance crée un rythme visuel, l’ensemble se détachant sur un fond peint uniformément en blanc. Les traits occupent toute la surface carrée (format cher à l’artiste pour ce type d’œuvres) selon le principe du all-over, sans composition : il n’y a ni centre, ni périphérie dans cette œuvre.

Les lignes horizontales créées par l’association des traits tracés induit un systématisme qui trouble la perception et la distinction entre le fond et la forme. Cet effet subtil joue sur la vibration visuelle. Alors que le blanc attire la rétine et que la régularité des traits embrume l’esprit, l’artiste nous invite à nous affranchir des repères habituels et à utiliser les tirets comme générateurs d’illusions d’optique, en les faisant danser et balloter.

 

Dès le début des années 1950, influencé par les œuvres de l’artiste suisse Max Bill, Morellet se tourne vers l’abstraction géométrique désirant réduire le langage pictural pour mieux le contrôler. Enrichi par les réflexions du Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV), qu’il cofonde en 1960 avec Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, Joël Stein, Francisco Sobrino et Yvaral, l’artiste cherche à donner « un sens social » à la géométrie : la figure de l'artiste doit disparaître et l’œuvre est achevée uniquement lorsque le public s'en empare.

Dans un attachement croissant à la rigueur, Morellet va alors privilégier les formes simples, élémentaires, arrangées sans composition, c’est-à-dire, répétées, juxtaposées et, la plupart du temps, sans couleur. Il met en place des systèmes qui régissent l’ensemble du processus de création et peut aller jusqu’à faire intervenir le hasard dans l’attribution des différentes composantes du tableau. Il multiplie les références mathématiques dans son travail : certains titres expriment l'idée que ses œuvres sont construites sur la base d'équations et de systèmes numériques, pourtant souvent inventés. Tous les 45 mm tous les 60 mm évoqueraient presque un message codé, transmis en morse : il n’est plus question de style mais bien d’un art programmatique, objectif et scientifique.

Enfin, l’exécution elle-même doit être d’une neutralité absolue, excluant tout sentiment, toute trace de la main, toute matière et effet pictural : seuls le tire-ligne, la règle et les aplats sont autorisés. « Une expérience véritable doit être menée à partir d'éléments contrôlables en progressant systématiquement suivant un programme. Le développement d'une expérience doit se réaliser de lui-même, en dehors du programmateur », affirme l’artiste français.


L’usage de la géométrie dans Tous les 45 mm tous les 60 mm illustre l’intérêt de François Morellet pour le support et l’espace, qu’il explora tout au long de sa carrière, le situant dans le sillage de l’avant-garde de l’Art Minimal, aux côtés d’artistes américains tels qu’Ellsworth Kelly, Frank Stella et Sol LeWitt.

Réalisée en 1975, cette œuvre appartient à la troisième et ultime période de production de l’artiste, au cours de laquelle il radicalise encore davantage son approche.

Ici, la nature de la ligne, sa quantité et sa position, fournissent les coordonnées visuelles d'une idée à décoder.




In Tous les 45 mm tous les 60 mm, François Morellet endlessly repeats black horizontal dashes of equal length and thickness, arranged at regular intervals: 4.5 cm on one line, then 6 cm on the next, and so on. This alternation creates a visual rhythm, with the whole standing out against a background painted uniformly white. The lines cover the entire square surface (a format the artist favours for this type of work) according to the all-over principle, without any composition: there is neither a centre nor a periphery in this work.

The horizontal lines created by the combination of the drawn lines induce a systematic quality that blurs perception and the distinction between background and form. This subtle effect plays on visual vibration. Whilst the white draws the eye and the regularity of the lines clouds the mind, the artist invites us to free ourselves from our usual points of reference and to use the dashes as generators of optical illusions, making them dance and sway.

 

From the early 1950s, influenced by the works of the Swiss artist Max Bill, Morellet turned to geometric abstraction, seeking to strip back the pictorial language in order to better control it. Enriched by the ideas of the Groupe de Recherche d’Art Visuel (GRAV), which he co-founded in 1960 with Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, Joël Stein, Francisco Sobrino and Yvaral, the artist sought to give “a social meaning” to geometry: the figure of the artist must disappear and the work is only complete when the public takes it on.

With a growing commitment to rigour, Morellet began to favour simple, elementary forms, arranged without composition, that is to say, repeated, juxtaposed and, for the most part, without colour. He established systems governing the entire creative process and would even allow chance to play a role in the arrangement of the various components of the painting. He incorporated numerous mathematical references into his work: certain titles convey the idea that his works are constructed on the basis of equations and numerical systems, albeit often invented ones. Tous les 45 mm tous les 60 mm almost evokes a coded message, transmitted in Morse code: it is no longer a question of style but rather of a programmatic, objective and scientific art.

Finally, the execution itself must be of the utmost neutrality, excluding all emotion, any trace of the hand, and any pictorial material or effect: only the ruling pen, the ruler and flat areas of colour are permitted. “A true experiment must be conducted using controllable elements, progressing systematically according to a programme. The development of an experiment must unfold of its own accord, independently of the experimenter”, asserts the French artist.

 

The use of geometry in Tous les 45 mm tous les 60 mm illustrates François Morellet’s interest in the medium and space, which he explored throughout his career, placing him in the wake of the Minimal Art avant-garde, alongside American artists such as Ellsworth Kelly, Frank Stella and Sol LeWitt.

Created in 1975, this work belongs to the artist’s third and final creative period, during which he further radicalised his approach.

Here, the nature of the line, its quantity and its position, provides the visual coordinates for an idea to be decoded.



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