Porte une signature 'P. BRUEGHEL' en bas à droite
(Restaurations)
Cette originale composition réunit deux des principales inspirations des Brueghel et de leur entourage : l’hiver et la vie paysanne. Si la nature, le passage des saisons sont omniprésents dans leur œuvre, l’hiver y occupe une place résolument centrale. Pieter Brueghel l’Ancien fit en effet du paysage hivernal un genre à part entière, y insérant anecdotes et détails à vocation morale par le biais d’épisodes de la vie rurale. C’est dans cet esprit que l’on trouve des compositions figurant des paysans rassemblés à l’intérieur autour d’un foyer pour combattre la rudesse de l’hiver, ce que révèle par exemple un panneau de Pieter Brueghel le Jeune réalisé vers 1610 et conservé dans une collection privée. Notre tableau permet ainsi de concevoir la peur de l’hiver dans les Flandres du XVIIe siècle, alors frappées par un petit âge glaciaire rendant les hivers d’une particulière dureté pour les habitants du nord de l’Europe. Loin de la joie d’une scène de patinage, cette famille se réchauffant révèle le défi que leur pose l’hiver et dont l’enjeu est la survie de ses membres. Une marmite semblant vide trône au centre du brasier et dévoile la détresse des paysans. Des oiseaux assistent à la scène et rappellent, à l’instar du détail du trébuchet (piège à oiseaux) dans le Paysage d’hiver peint en 1565 par Pieter Brueghel l’Ancien (Bruxelles, Musée Royal d’Art ancien, n° 8724), que la rigueur des hivers flamands fait du plus chétif des passereaux une pitance potentielle.