Presumed portrait of Sidi Ettayeb Biaz, Tangier customs officer, watercolor, red chalk wash and red chalk on pencil, by E. Delacroix
7.08 x 5.12 in.
Vente posthume de l'atelier de l'artiste, son cachet (L.838a) en bas à droite ;
Dans la famille des actuels propriétaires depuis au moins la fin du XIXe siècle ;
Collection particulière, Paris
Le 25 janvier 1832, Charles de Mornay, l’envoyé extraordinaire du Roi Louis-Philippe, posait le pied sur le sol marocain, escorté d’un traducteur, Antoine Desgranges, et d’un artiste, Eugène Delacroix. Ils furent accueillis par Sidi Ettayeb Biaz, amin de la douane de Tanger, puis gagnèrent le palais de la Casbah, où ils furent introduits auprès de Sidi Larabi Saïdi, pacha de Tanger. Tout au long de son séjour de six mois, Delacroix va s’employer frénétiquement à noter, dessiner, transcrire ce qu’il voit et ses impressions. « Imagine, mon ami, écrit-il à Pierret, ce que c’est de voir couchés au soleil, se promenant dans les rues, raccommodant des savates, des personnages consulaires, des Catons, des Brutus, auxquels il ne manque même pas l’air dédaigneux que devaient avoir les maîtres du monde. (…) L’antique n’a rien de plus beau. » (Lettre du 29 février 1832 à J.B. Pierret, musée du Louvre, INV. A557)
Notre aquarelle pourrait représenter Sidi Ettayeb Biaz, amin de la douane de Tanger. Il menait à Tanger les négociations préliminaires et convoyait les envoyés étrangers pour leur audience avec l’empereur. Delacroix avait peint pour Mornay une aquarelle le représentant, maintenant conservée au musée du Louvre (RF 4612). Delacroix a représenté également les deux personnages dans son tableau réalisé postérieurement, Le sultan du Maroc sortant de son palais de Meknès (Toulouse, musée des Augustins) qui obtint un grand succès au Salon de 1845.