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Jean BODIN.
Discours de Iean Bodin sur le rehaussement et diminution des monnoyes, tant d’or que d’argent, & le moyen d’y remedier : & responce aux Paradoxes de Monsieur de Malestroict.
Estimation :
500 - 700 €

Description complète

Jean BODIN.
Discours de Iean Bodin sur le rehaussement et diminution des monnoyes, tant d’or que d’argent, & le moyen d’y remedier : & responce aux Paradoxes de Monsieur de Malestroict.
Paris, Jacques Du Puys, 1578. – [Jean BODIN]. René HERPIN. Apologie… pour la République de I. Bodin. S.l.n.d.

Ensemble 2 ouvrages en un volume in-8, vélin à recouvrements,

dos lisse avec le titre ajouté postérieurement, traces de lacets (Reliure de l’époque).

 

Brunet, I-1026 // Cioranescu, 4118 // Tchemerzine-Scheler, I-704 // USTC, 26511.

 

(76 f., le dernier blanc) / d-y4 // (16 f.) / A-B8 // (20 f.) / A-B8, C4 // 42 f. / A-E8, F2 // 102 × 162 mm.

 

    Édition collective des pièces relatives à la querelle que Jean Bodin eut avec Jean de Malestroit au sujet des monnaies et de l’enchérissement de toutes choses.

    Jean Bodin est né à Angers en 1529 ou 1530. La tradition voulait qu’il soit issu d’une famille juive espagnole qui serait venue trouver refuge en France pour fuir le fanatisme aveugle de Ferdinand et Isabelle d’Espagne, mais la réalité est plus simple. Il est le quatrième fils de Guillaume Bodin, maître couturier, et de Catherine Dutertre. Il vint à Paris étudier la philosophie, l’hébreu, le grec et s’imprégna de l’humanisme de la Renaissance. Il se rendit ensuite à Toulon où il étudia le droit, enseigna cette matière puis regagna Paris en 1561 où il tenta de se faire un nom comme avocat. Dégoûté des chicanes du Palais, Jean Bodin, tout en exerçant différentes fonctions juridiques, se livra à l’étude de questions relevant de l’histoire, la politique, l’économie politique et le droit. Suspecté d’être du parti des huguenots, il échappa de justesse au massacre de la Saint-Barthélemy (24 août 1572). Il accompagna François de France, dernier fils de Henri II, en Angleterre et dans les Pays-Bas espagnols puis, à la mort de ce dernier en 1584, se retira à Laon où il devint procureur du roi et où il mourut de la peste en 1596. Il reste comme un modèle de savant humaniste, d’une immense érudition et d’une sagesse mêlée d’intelligence et de tempérance.

    Une querelle théorique touchant le fait des monnaies l’opposa à Jean de Malestroit, économiste distingué qui avait publié en 1566 un ouvrage dans lequel il soutenait que l’or et l’argent ont une valeur constante à l’abri des variations du marché et qu’ainsi l’accroissement du numéraire est un accroissement de richesses sans rapport avec la cherté des marchandises. Bodin lui répondit en établissant que l’abondance de l’or et de l’argent cause le mépris de ces métaux, et par là-même la cherté des choses prisées.

    C’est dans l’écrit de Bodin que, selon Baudrillart, apparaît pour la première fois le sentiment de l’existence de lois économiques naturelles supérieures aux arrangements et aux combinaisons arbitraires de l’autorité (Larousse).

    L’édition est répertoriée par Tchemerzine, qui l’annonce par erreur en quatre parties. Il est corrigé par Scheler qui décrit un exemplaire, celui que nous présentons, en trois parties, auxquelles est ajouté un second ouvrage.

    Le Discours de Jean Bodin est en effet en trois parties, annoncées sur le titre, la première de Bodin, les deux autres de François Garrault, général à la Cour des Monnaies de Paris. Chaque partie comporte une page de titre ainsi que des signatures et paginations séparées. La soi-disant quatrième partie est un autre ouvrage de Jean Bodin, sous le pseudonyme de René Herpin : Apologie… pour la République de I. Bodin, qui est une réponse aux attaques d’Augier Ferrier et Michel de La Serre, publiées en 1579 et 1580.

    L’édition originale de l’Apologie… parut en 1581 avec un titre à l’adresse de Jacques Du Puys. Notre exemplaire ne possède pas de titre mais semble parfaitement complet et l’édition, référencée par l’USTC avec la même collation, est présente dans plusieurs bibliothèques publiques françaises (BnF, Arsenal, Mazarine).

    Quelques annotations marginales anciennes et passages soulignés

à l’encre.

    Vélin sali avec tache, manque les cordons. Mouillure à l’ensemble

du volume et taches d’encre à un feuillet (e3).


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