2 parties en un volume in-8, maroquin rouge, triple filet, dos à 5 nerfs orné de fleurons dorés, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Bauzonnet-Trautz).
Brunet, V-643 // Cioranescu, 20963 et 20964 // De Backer, 298 // Rothschild, I-702 // Tchemerzine-Scheler, V-839 // USTC, 20677 et 27432 // Viollet-le-Duc, 210.
(84 f.) / A-K8, L4 // (84 f.) / a-k8, l4 // 104 × 158 mm.
Édition originale, très rare.
Jacques Tahureau (1527-1555), poète né au Mans, eut une brève carrière militaire avant de fréquenter les cercles littéraires parmi lesquels il connut de brillants succès. Il mourut très jeune, à 27 ans, peu après la publication de ses Premières poésies.
Les Premières poésies de Tahureau sont constituées de deux parties non paginées précédées chacune d’un titre individuel, et à signatures séparées. La première partie, dédiée au cardinal de Guise, contient des odes et épigrammes adressées au roi, à la reine Marguerite, à plusieurs grands personnages de la cour et à divers poètes du temps. La seconde partie rassemble des sonnets et mignardises adressés à une muse anonyme surnommée L’Admirée, que Prosper Blanchemain identifia par la suite comme une demoiselle de Genne, sœur de Francine, muse de Baïf. Viollet-le-Duc loua les poésies amoureuses ou saphiques de Tahureau, genre où [il] se montra véritablement supérieur.
Dans son Tableau de la poésie française au XVIe siècle, Sainte-Beuve ne se priva pas non plus d’apprécier le talent de Tahureau : lequel, entre nos poètes érotiques, a jamais rendu la chaleur âpre et le désir cuisant en traits plus saisissants que Jacques Tahureau ?
Édition imprimée en grands caractères italiques, publiée à Poitiers par les frères Jean et Enguilbert de Marnef et Jacques et Guillaume Bouchet en 1554. Le privilège, accordé en 1547 aux Marnef, conduisit certains bibliographes à émettre l’hypothèse d’une édition antérieure à celle de 1554, mais rien ne vient étayer cette supposition. L’édition de 1554 est très rare et certains exemplaires contiennent pour la première partie un nouveau titre émis en 1564. Brunet mentionne un titre à l’adresse de Paris, 1554, chez les mêmes éditeurs, mais peut-être est-ce une erreur et Tchemerzine précise n’en avoir jamais vu.
Cet exemplaire, cité par Tchemerzine, provient de la bibliothèque Lignerolles, puis a figuré dans le Bulletin Morgand (n° 44, mai 1898,
n° 33286), dans lequel il est décrit comme d’une rareté extrême. Il fit ensuite partie de la collection d’Hector De Backer.
Très bel exemplaire malgré le bas du titre refait et une restauration marginale à un feuillet (f. K8) ; légers frottements au mors supérieur.
Provenance :
Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-16 mars 1894, n° 967) et Hector
De Backer (I, 17-20 février 1926, n° 298).