- La Suite de l’Adolescence Clementine, Dont le contenu pourrez veoir a l’autre coste de ce fueillet. Reveue & corrigee selon la derniere recõgnoyssance, & approuvee. Et sont toutes œuvres sur ce contrefaictes deffendues.
Paris, a l’enseigne du Faulcheur, 1535.
- Le Premier livre de la Metamorphose d’Ovide, trãslaté de Latin en Francoys par Clement Marot de Cahors en Quercy, Valet de chambre du Roy. Item Certaines œuvres qu’il feit en prison, non encores Imprimeez.
Paris, Estienne Roffet dict le Faulcheur, a l’enseigne de la Rose Blanche, 1535.
3 parties en un volume in-8, vélin à recouvrements, armoiries en noir sur le premier plat et médaillon ecclésiastique au second, dos lisse avec 5 petits lacets passant sur les côtés, cote de bibliothèque à l’encre au bas du dos, pièce de titre postérieure (Reliure de l’époque).
Brunet, III-1449/1450 // Renouard, ICP, 1368, 1368bis et 1389 // Tchemerzine-Scheler, IV-472-473 // USTC, 27584, 73512, 89756.
CXXIX f.-(1 f.) / a-p8, q10 // (74 f.) / A-H8, I10 // (34 f.) / a-c8, d10 // 86 × 138 mm.
Rarissime édition réunissant L’Adolescence Clementine, La Suite de L’Adolescence Clementine et le Premier livre de la Metamorphose d’Ovide.
Fils de Jean Marot, poète officiel d’Anne de Bretagne et valet de chambre de François Ier, Clément Marot est considéré à juste titre comme l’un des plus grands poètes français du XVIe siècle. Il naquit à Cahors en 1495 et fut destiné par son père à la magistrature mais, n’éprouvant aucune attirance pour la science juridique, il trouva un emploi de payeur chez le seigneur de Villeroy puis fut distingué par Marguerite de Valois et devint son valet de chambre. Il succéda à son père à la mort de ce dernier et devint valet de chambre de François Ier, se distinguant par son talent poétique et par son esprit.
Il fit partie de la suite du roi au camp du Drap d’or (1520) et accompagna le souverain dans la guerre qu’il entreprit en Italie, fut blessé et fait prisonnier à la bataille de Pavie. De retour en France, il fut arrêté et mis au Châtelet pour avoir montré quelques sympathies pour les idées de la religion réformée. Rendu à la liberté quelque temps plus tard, il n’en devint pas plus prudent et fut envoyé une nouvelle fois en prison. Libéré par François Ier, mais se sentant entouré d’ennemis, il alla chercher refuge chez la reine de Navarre qui, d’après quelques médisants, devint sa maîtresse. Il se réfugia ensuite à Ferrare auprès de la duchesse Renée de France qui réunissait sous sa protection tous les libres esprits persécutés ailleurs. Marot reparut ensuite à la cour de François Ier où il se lia avec Vatable, titulaire de la chaire d’hébreu, avec lequel il traduisit des psaumes ce qui lui entraîna de nouvelles persécutions. Il se réfugia à Genève, fut accusé de débauche et trouva asile à Turin. Il y mourut, fort pauvre, à l’âge de cinquante ans, en 1544. Il reste comme le premier écrivain moderne de France, célèbre pour la fluidité et la lisibilité de ses phrases.
L’Adolescence Clementine regroupe des vers composés à l’adolescence, entendue ici au sens latin du terme, c’est-à-dire avant l’âge de trente ans. Marot y ajoute des rondeaux composés ultérieurement, des chansons, des oraisons, des prières, des psaumes, élégies, épîtres et une traduction du premier livre de la Métamorphose d’Ovide.
La première édition de L’Adolescence Clementine fut publiée à Paris, chez Pierre Roffet, en 1532. Le volume dut connaître un grand succès puisque l’édition que nous présentons, de trois ans postérieure, est la dixième. Elle est aussi la première parisienne, datée, où la Suite de l’Adolescence Clementine se trouve réunie à la première partie.
Cette édition de 1535 est répertoriée par Brunet qui indique qu’il y a également des exemplaires contenant en plus Le premier livre de La Métamorphose d’Ovide... 1536 (sic). L’existence de l’édition de 1535 en trois parties que nous présentons a été mise en doute par Tchemerzine mais Lucien Scheler, à qui cet exemplaire a appartenu, en fait une très minutieuse description (Tchemerzine-Scheler, IV-473), en indiquant en marge du texte de Tchemerzine : ce ne sont là que pures divagations. L’édition de 1535 citée par Brunet existe bien.
Chacune des trois parties est pourvue d’un titre propre avec signatures et paginations séparées. Les deux premières parties sont à l’adresse de la veuve de Pierre Roffet et la troisième à celle de son fils Estienne.
Ces trois parties sont rarissimes et l’USTC, qui les référencent indépendamment les unes des autres, ne recense qu’un exemplaire pour L’Adolescence clémentine et pour La Suite de l’Adolescence, conservés en un seul volume à la Bibliothèque de l’Arsenal, et qualifie Le Premier livre de la Métamorphose de « Lost book ».
Lettrines à fond criblé dans les première et troisième parties et marques de Pierre Roffet (Renouard, n° 1008) et d’Estienne Roffet (Renouard, n° 1010).
Exemplaire d’Anton Fugger avec ses armes sur le premier plat et des armes ecclésiastiques illisibles frappées sur le second.
Il existe deux Anton Fugger à cette époque, cousins, tous deux décédés en 1616. La bibliothèque du Museum of Slavonia à Osijek, en Croatie, attribue ce fer à Anton Fugger, fils du grand Marc Fugger, bibliophile dont la provenance est des plus recherchées.
Le volume porte en outre sur le titre de la première partie, le chiffre A.A. et une annotation manuscrite en italien faisant mention d’un ex-dono.
Quelques taches au vélin. Le volume a probablement été recousu et soigneusement replacé dans sa reliure avec les passants refaits et les gardes renouvelées. Armes un peu effacées sur le premier plat et illisibles sur le second, pièce de titre refaite, manque les cordons.
Provenance :
Anton Fugger (armes sur le premier plat).