379
Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ.
Petites œuvres meslees du sieur d’Aubigné. Le contenu desquelles se void és pages suivantes la Preface.
Estimation :
800 - 1 200 €

Description complète

Théodore Agrippa d’AUBIGNÉ.
Petites œuvres meslees du sieur d’Aubigné. Le contenu desquelles se void és pages suivantes la Preface.
Genève, Pierre Aubert, 1630.

In-8, maroquin rouge, chiffre doré H.M. dans l’angle supérieur du premier plat, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Chambolle-Duru).

 

Brunet, I-544 // Tchemerzine-Scheler, I-183.

 

(8f.)-175 / ❡8, A-L8 / 97 x 168 mm.

 

    Édition originale fort rare selon Tchemerzine et rare selon Brunet.

    Littérateur, historien célèbre et capitaine calviniste, Théodore Agrippa d’Aubigné reste dans l’histoire comme un modèle de droiture et

de constance. Né en 1552 à Saint-Maury, en Saintonge, il fit preuve dès sa plus tendre enfance d’un goût et d’une aptitude prononcés pour les lettres. Connaissant le latin, le grec et l’hébreu à six ans, il traduisit le Criton de Platon à dix ans sur la promesse que lui avait faite son père d’imprimer son ouvrage. Ce dernier, protestant zélé, lui fit jurer haine aux catholiques, serment qu’il s’efforça de tenir en restant toujours fidèle à la religion dans laquelle il avait été élevé, ce qui lui valut plusieurs condamnations à mort. Obligé de fuir avec son précepteur Béroalde, il se réfugia à Genève où il bénéficia de l’enseignement de Théodore de Bèze. Il s’engagea pour aller combattre sous les drapeaux du prince de Condé et devint l’écuyer de Henri de Navarre. Toujours au premier rang des calvinistes, il ne quitta l’épée qu’après l’entière dissolution de la Ligue et l’avènement au trône de son maître Henri IV, qu’il avait servi le plus loyalement et le plus bravement qui soit. Durant les trêves et intervalles de paix, Agrippa d’Aubigné cultivait les lettres et composait des pièces et épigrammes où sa verve huguenote et son cynisme de franchise n’épargnaient personne, ni la reine-mère, ni Henri IV en dépit de l’indéfectible fidélité qu’il lui vouait. Sur la fin de sa vie et sous le coup de sa quatrième condamnation à mort, il retourna à Genève et épousa une demoiselle Burlamaqui. Leur fils fut le père de Madame de Maintenon. Aubigné s’éteignit à Genève le 29 avril 1630.

    Ses Petites œuvres meslees contiennent des Méditations sur plusieurs psaumes, des versions en vers mesurés de dix-sept psaumes ou prières et, sous le titre général de L’Hyver du Sr d’Aubigné, vingt-six pièces poétiques ou sonnets. Les vers mesurés cherchent à intégrer à la poésie française des rythmes musicaux à l’image de la poésie antique, fondés sur la quantité syllabique et alternant les syllabes longues et brèves.

    Bel exemplaire malgré de petits frottements aux charnières.

Provenance :

Henri Monod (supra-libris, ex-libris, I, 8-10 mars 1920, n° 18) et Alfred Lindeboom (ex-libris, absent de la vente de 1924). 

Commissaire-priseur

Francis BRIEST
Commissaire-priseur
fbriest@artcurial.com

Contacts

Emeline DUPRAT
Administrateur des ventes
Tél. +33 1 42 99 16 58
eduprat@artcurial.com

Bureau des enchères

Kristina Vrzests
Tél. +33 1 42 99 20 51
bids@artcurial.com

Actions