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Les VENTES DAMOURS.
LAMANT. LAMIE.
Estimation :
2 500 - 3 500 €

Description complète

Les VENTES DAMOURS.
LAMANT. LAMIE.
S.l.n.n.n.d. (ca 1510).

Plaquette in-8, maroquin citron, triple filet, dos à 5 nerfs très finement orné, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

 

Bechtel, 740 et ss. // Brunet, II-763, V-1123 // Rothschild, I-550.

 

(8 f.) / A-B4 / 22 lignes, car. goth. / 84 × 127 mm.

 

    Très rare édition non répertoriée par les bibliographes.

    Les Ventes damours. Lamant. Lamie, également titré Dits damours et vente ou Les Dits et ventes damours sont un dialogue en strophes de quatre à six vers entre l’Amant et l’Amye où chacun des deux protagonistes propose à l’autre, sous la forme de ventes, différents objets ou choses. Lamant propose ainsi au début du texte :

 

    Ie vous vens la blanche fleur

    Damoyselle de la court

    Je requier avoir vostre amour

    Comme celuy que fort vous ayme

    Et pour ve amy se clame

 

À quoi Lamie répond :

 

    Amy ie suis iolye cointe

    Le dieu damours ma dg dard pointe

    Et ma dict que nul ne me prie

    Sil na damours sa seigneurie

    

A la suite de quoi l’amant vend à l’amie une pomme et cette dernière de répondre en lui vendant Lave Maria, etc. Le texte se conclut par une strophe de lacteur :

 

    Or sen vont amours accomplis

    Pour faire tous leurs bons desirs

    …

    Quen paradis il les repose

    Auquel lieu celluy dieu nous maine

    Qui rachepta nature humaine.

                                    Amen

 

    Anatole de Montaiglon, dans son Recueil de poésies françaises des XVe et XVIe siècles (V-204), analyse ce texte comme la reproduction d’un jeu de société où chacun devait répondre à l’autre à peine d’effectuer un gage ou payer une amende s’il ne répondait pas ou donnait une réponse qui avait déjà été faite. Ce jeu fort ancien se retrouve dans les œuvres de Christine de Pisan sous le titre Jeux à vendre où une série de strophes s’enchaînent dans le goût de celles de notre pièce.

    Il existe plusieurs éditions de ce texte qui offrent chacune quelques variantes. Brunet cite trois éditions de façon très sommaire et Bechtel décrit huit éditions, de 1488 à 1540, sans que nous retrouvions celle que nous présentons. Picot, dans le catalogue Rothschild, en décrit également une dizaine publiées avant 1550, mais n’avait pas non plus connaissance de celle-ci. Enfin, celle présente au Musée de Condé à Chantilly est différente de la nôtre qui présente au premier feuillet, sur le titre, une lettrine à fond criblé et un bois où trois femmes assises à une table jouent aux dés. Notre édition semble donc inconnue de toutes les bibliographies.

    Cet exemplaire provient de la bibliothèque Lignerolles, dans le catalogue de laquelle il est daté vers 1510. Il a auparavant appartenu à Nodier dont il porte l’ex-libris qui a été conservé de son ancienne reliure.

    Très bel exemplaire.

    Marge supérieure un peu courte et 4 feuillets plus courts dans la marge inférieure dus à la taille initiale de la feuille.

Provenance :

Charles Nodier (ex-libris, 27 avril-11 mai 1844, n° 330) et comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1144).


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