In-4, maroquin poli bordeaux, triple filet, dos à 5 nerfs orné de fleurs de lys et petits fers, dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure anglaise du XIXe siècle).
Bechtel, 732/T-153 // Brunet, V-980 et Supplément II-814 // Renouard, ICP, III-1344 // Rothschild, II-1485 // USTC, 29077.
(4f.)-LV-(1f. blanc) /❡4, a-o4 / 36 longues lignes, car. goth. / 215 x 161 mm.
Première et seule édition de cette version en français moderne de la Chronique du pseudo-Turpin.
Cette chronique, écrite par un auteur anonyme du XIe ou du XIIe siècle, se présente comme l’œuvre de Turpin, archevêque-combattant légendaire, l’un des douze pairs de Charlemagne et héros de plusieurs chansons de geste médiévales, dont l’identité se confond avec celle de Tilpin qui fut réellement archevêque de Reims.
De nombreuses versions de cette chronique ont existé dans divers manuscrits et certains ont parfois attribué à Robert Gaguin la version imprimée de 1527 que nous présentons. En réalité, ce dernier, mort en 1501, ne peut être l’auteur de cet ouvrage dédié a tresexcellent, superillustre et treschrestien roy de France, François premier de ce nom, François Ier n’étant roi qu’à partir de 1515. Le privilège de libraire, au verso du titre, ne donne pas d’indication précise mais mentionne que le libraire Regnault Chaudière a fait trãslater escripre a ses desps en lãgage moderne frãcois ung livre appelle lhistoire du roy Charlemagne cõpose par larcevesq Turpin estoit escript en maulvais lãgage antique non intelligible ne lisable. Si Bechtel ne considère cet ouvrage que comme la republication sous un nouveau titre de La Conqueste de Trebizonde, qui est elle-même une adaptation du Renaud de Montauban, Brunet et Picot dans le catalogue Rothschild distinguent bien ces textes : l’auteur y a ajouté différentes circonstances, toutes de son imagination, et qui font de ce livre un véritable roman de chevalerie (Brunet) ; ce n’est pas une simple traduction (…), l’éditeur français y a intercalé un grand nombre de circonstances romanesques (Picot).
La Chronique relate les exploits de Charlemagne que l’apôtre saint Jacques vient visiter et exhorte à libérer la route de Compostelle où gît sa dépouille : le corps est en Galice opprime et detenu par les endurcis obstinez mauldictz et mescreans sarrazins sans estre congneu de personne (…) tu delivreras le lieu ou ie suis des mains des infideles moabitains (f. a2). Charlemagne revient vainqueur de son expédition en Espagne et fonde en France plusieurs églises dédiées à la dévotion à saint Jacques. S’ensuit une nouvelle campagne contre le roi Angouland qui, venu d’Afrique, ravage l’Espagne et parvient par la Gascogne à atteindre l’Aquitaine. Charlemagne, avec son armée, le repousse et le tue à Pampelune où il s’était réfugié. La chronique se poursuit par le retour en France de l’armée, la trahison de Ganelon et la bataille de Roncevaux où périssent Roland et les autres pairs de l’Empereur. Le récit se termine par divers épisodes à la gloire de Charlemagne, et un épilogue consacré à la mort de Turpin attribué au pape Calixte II.
Titre dans un encadrement formé de 4 bois ; 29 belles lettrines historiées à motifs d’amours dans des jeux divers, la plupart de grand format (58 × 58 mm, en réalité 8 dont plusieurs répétées) et 16 lettrines à fond criblé (en réalité
8 dont plusieurs répétées). Les lettrines et les caractères du premier cahier appartiennent au matériel du libraire Simon Du Bois.
Le titre existe en deux états. Notre exemplaire est du second état,
dit « type B », avec les deux fautes es prouesses et Raouland corrigées.
Reliure frottée et passée. 9 feuillets restaurés dans la marge supérieure dont un avec perte de texte et reprise de 3 lignes à l’encre (2 à 4, a2, a3, b2, c2,
c3 et d2).
Provenance :
Ricardo Heredia, comte de Benahavis (ex-libris, II, 16-25 mai 1892, n° 2436) et Fairfax Murray (étiquette, n° 554).