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La NEF DE SANTE.
Avec le gouvernail du corps humain et la condãnacion des bancquetz a la louenge de diepte et sobriete et le traictie des passions de lame.
Estimation :
4 500 - 5 500 €

Description complète

La NEF DE SANTE.
Avec le gouvernail du corps humain et la condãnacion des bancquetz a la louenge de diepte et sobriete et le traictie des passions de lame.
Paris, Vérard, s.d. (ca 1507-1508).

Petit in-4, maroquin rouge à long grain orné dans le genre Du Seuil

d’un double encadrement doré avec fleurons angulaires sur les plats,

dos à 5 nerfs orné d’un double filet doré, dentelle intérieure, tranches dorées (Thouvenin).

 

Bechtel, 535/N-8 // Brunet, IV-32 et Supplément II-13 // Fairfax Murray, 394 // Macfarlane, 177 // Renouard, ICP, I-1507, 132 // Rothschild, II-1081 // USTC, 57814.

 

(98 f.) / a-p6, q8 / 38 ou 39 lignes, parfois longues, sur 2 colonnes, car. goth. / 156 × 209 mm.

 

     Rare première ou seconde édition, suivant les bibliographes, de ce traité médical et astrologique.

     La Nef de santé, publiée anonymement, est pour l’essentiel l’œuvre de Nicole (ou Nicolas) de La Chesnaye. Ce dernier, dont on sait peu de choses, vécut à la fin du XVe siècle et dans la première moitié du XVIe siècle et fut maître d’hôtel des rois Louis XI, Charles VIII et Louis XII. Il mourut vers 1550.

     La Nef de santé est constituée de quatre textes distincts :

     – La Nef de santé elle-même, composée en prose, occupe les 45 premiers feuillets. L’auteur y expose les vertus et vices de divers éléments (viandes, poissons, fruits, herbes, vins, fromages, beurre, etc.) et en particulier leurs qualités diététiques et gustatives ;

     – Le Gouvernail du corps humain (f. 45v à 50r), pièce en prose et en vers où se mêlent des considérations astrologiques et morales ;

     – La Condamnacion des Banquetz (f. 50r à 92r), longue pièce en vers appartenant au genre théâtral médiéval des moralités où interviennent plus de 30 personnages, dont Banquet, Soupper, Disner, Gourmandise, Friandise, Accoutumance, Bonne compaignie, Goutte, Ydropisie, Appoplexie, Experience, etc. La moralité se clôt par un débat entre les sommités médicales que sont Galien, Avicenne, Ypocras, Averroys et le jugement de Banquet condamné à être pendu afin d’éviter les maladies qui font le guet ;

     – Les Passions de lame (f. 92r à 97r), traité composé en vers qui condamne, sous l’égide de Galien, tous les débordements que sont amour trop excessive, trop grant hardiesse, ire impaciente, charnelle copulation, etc.

     Ce traité fut publié pour la première fois par le libraire parisien Antoine Vérard en 1507 (1508, nouveau style). Il existe deux éditions quasiment conformes, qui ne se distinguent que par la présence ou non, sous le colophon, de la date du 17 janvier 1507. Pour la plupart des bibliographes, il s’agit en réalité de deux états d’une même édition : Macfarlane « Certains copies have a date on the colophon », Picot dans le catalogue Rothschild et Brigitte Moreau « 2 états » ; Fairfax Murray, à qui cet exemplaire non daté a appartenu, ne se prononce pas « appears to correspond very closely » ; seul Bechtel parle de seconde édition. Le nom de l’auteur apparaît en acrostiche à la fin du prologue de La Nef.

     Édition illustrée d’un grand L grotesque sur le titre et de la marque de Vérard au colophon (Macfarlane, n° LXIII et LXXVII), ainsi que de 30 bois dans le texte : 2 bois pour La Nef de santé (l’auteur offrant son livre et deux hommes dont l’un tient une châsse), 9 bois pour le Gouvernail (l’auteur à son pupitre, un homme anatomique et les 7 planètes), un bois pour la Condamnacion (le docteur prolocuteur) et 18 bois pour les Passions (la plupart tirés d’une édition du Roman de la Rose). Le bois des deux hommes tenant une châsse provient d’une édition du Chevalier delibere d’Olivier de La Marche donnée par Vérard en 1488 et fut réutilisé par le même éditeur pour son Remède d’amour d’Ovide en 1509 (cf. le n° 352 du présent catalogue). L’édition comporte également de nombreuses lettrines provenant de divers alphabets, pleines, florales, grotesques…

     Toutes les bibliographies insistent sur la rareté de cette édition. Cet exemplaire de l’état non daté provient des bibliothèques du prince d’Essling : livre fort rare ; Utterson ; Sneyd : extremely rare ; et Fairfax Murray. Il porte dans les marges quelques traces d’annotations effacées.

     Dos passé et mors frottés. Trous de vers à l’ensemble du volume, restauration en tête du feuillet f1 touchant la première ligne de texte ; une petite tache (f. a6) et une tache marginale en pied (f. m5).

Provenance :

Prince d’Essling (3-8 mai 1847, n° 9), Edward Vernon Utterson (ex-libris, 19-26 avril 1852, n° 1401), Walter Sneyd (ex-libris, 16-19 décembre 1903, n° 538) et Fairfax Murray (étiquette, n° 394).


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