Petit in-folio, veau marbré, triple filet avec armoiries sur les plats,
dos à 5 nerfs orné (Reliure du XVIIIe siècle).
Bechtel, 517/M-435 // Brunet, III-1812 // Olivier, 2399-1 // Renouard, ICP, IV-244 // Rothschild, I-472 // Tchemerzine-Scheler, IV-850 // USTC, 29191-73051.
(4f., le premier blanc)-CXXXIIIf.-(1f. blanc) / ⚜︎4, A-V6, X-Y4, Z6 (le dernier blanc) / 42 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 160 x 240 mm.
Première édition collective. Exemplaire avec un titre inconnu, sans doute un premier état.
Important recueil poétique et littéraire de Jean Molinet qui fut le secrétaire et le successeur de Georges Chastelain, historiographe et poète officiel du duc de Bourgogne, et devint par la suite bibliothécaire de Marguerite d’Autriche. Ses chroniques sont riches d’informations mais Jean Molinet fut aussi poète à ses heures et il produisit un grand nombre de poèmes dans lesquels il utilisa des formes nouvelles et des jeux de mots qui lui furent reprochés notamment par Rabelais dans un des chapitres de Gargantua. Ainsi utilisa-t-il parfois le jeu de doubler les mots comme dans ces quatre vers où il parle de lui :
Molinet n’est pas sans bruyt, ni sans nom non ;
Il a son son et comme tu vois voix ;
Son doulx plaid plaist mieulx que le fait ton ton,
Ton vif art ard plus cler que charbon bon…
Son recueil Les Faicts et dictz est la première édition collective de ses poésies mêlées de pièces de prose jetées pêle-mêle sans ordre véritable. On y trouve des prières religieuses, Oraison à la Vierge,– à saint Gabriel,– à sainte Anne, des prières pour Le trépas du duc Charles,– de Marie de Bourgogne,– d’Isabeau de Castille, des relations historiques, Voyage de l’archeduc en espaigne,– un voyage à Naples,– la naissance du duc Charles,– de Madame Alienor et des pièces plus légères, Le siege d’amours,– le debat de la chair et poisson,– Dapvril et de may,– du loup et du mouton,– et aussi La Recollection des merveilleuses advenues au temps de tres elegant orateur messire George Chastellain et Maistre Jehan Molinet…
Tchemerzine, Picot, Renouard et Bechtel citent la première édition à la date du 9 décembre 1531. Brunet cite l’édition en 1531 mais ne précise pas le jour du mois de décembre. Enfin l’USTC recense deux éditions en 1531 sans que soit précisée la date calendaire d’impression.
Nous avons comparé notre volume avec les deux exemplaires de ce texte conservés à la BnF, qui portent tous deux la date du 9 décembre 1531. Ces derniers ont des titres presque semblables entre eux, une typographie rouge et noire et deux marques d’imprimeurs, celle de Jehan Longis et celle de la veuve de Jehan Saint Denys, avec au verso le privilège.
Notre titre est différent : il est imprimé en noir, à la date du 2 décembre avec une imposition différente et la marque de Jehan Longis ; le verso de ce titre est vierge contrairement aux deux exemplaires précités. Le reste du corps d’ouvrage est absolument identique entre les trois exemplaires.
Le titre de notre exemplaire étant à la date du 2 décembre et ne comportant pas au verso le privilège du Châtelet accordé le 5 décembre à Jehan Longis pour quatre ans, il est très probablement un premier état, Longis ayant dû le réimprimer avec le privilège qui lui fut accordé trois jours plus tard.
C’est donc la première édition collective, ici avec un premier état du titre.
Elle est illustrée de la marque de l’imprimeur sur le titre, de quelques lettrines, parfois à fond criblé, et d’un feuillet comportant trois petits bois représentant un dé à jouer, un écu et une tête de mort.
Bel exemplaire aux armes de Jeanne-Antoinette Poisson, duchesse-marquise de Pompadour, dont le fer sur les plats est très proche de celui reproduit par Olivier à la planche 2399 sous le numéro 1.
Usures aux coins. Les trois derniers feuillets très habilement refaits à l’encre (z3 à z5), taches un peu brunes à quelques feuillets, une déchirure marginale réparée à un feuillet (z2).
Provenance :
Marquise de Pompadour (armes, vente en 1765, n° 638) et Charles Schefer (ex-libris, I, 8-14 mai 1899, n° 143).