In-8, maroquin rouge sang, grand encadrement formé d’un jeu de doubles filets dorés s’entrecroisant dans les milieux avec petits fleurons dans les angles, dos à 5 nerfs orné de doubles filets et d’un fleuron répété, doublure de maroquin bleu roi avec filets et roulettes dorés, doubles gardes, tranches dorées sur marbrure (Lortic).
Baudrier, X-87 // Bechtel, 504/M-336 // Brunet, III-1720 et Supplément II-1062 // Fairfax Murray, 380 // USTC, 79217.
(150 f.) / a-s8, t6 / 35 longues lignes, car. goth. / 127 × 194 mm.
Très rare sixième édition en caractères gothiques de ce roman de chevalerie.
Cette version du roman de chevalerie Milles et Amys est une adaptation en prose d’une chanson de geste du XIIIe siècle, Amis et Amile, à laquelle vient s’ajouter une suite consacrée aux aventures de leurs enfants Anceaulme et Florisset.
D’origine probablement italienne, près de Mortara, cette légende devint française grâce aux pèlerins qui, revenant de Rome, l’introduisirent en France. Elle conte l’amitié indéfectible de deux jeunes hommes, Amis et Amile, semblables de corps et d’âmes, nés le même jour dans des lieux différents mais que des forces obscures poussent à se retrouver. Ils se jurent une amitié sans faille et partent se battre au service de Charlemagne contre les Bretons. S’ensuivent toutes sortes d’aventures où se mêlent mariages, traîtrises, perfidies, combats singuliers, substitutions de personnes, punition divine, meurtres, résurrections, miracles, etc. Le récit s’achève par le pèlerinage en Terre Sainte des deux héros, leur retour et leur mort près de Mortara.
Dans la version proposée ici, Milles et Amys sont occis par Ogier le Dannoys alors qu’ils reviennent de Lombardie. Nous sommes là au milieu du récit qui se prolonge par les aventures de leurs enfants, Anceaulme et Florisset, jetés dans la mer par une mauvaise femme, sauvés par deux cygnes et vivant ensuite diverses aventures où l’on retrouve des personnages réels ou fictifs empruntés au folklore médiéval : Charlemagne, son neveu Roland, Ogier le Dannoys ou Jourdain de Blaye, autre héros d’une chanson de geste.
La première édition de ce texte fut publiée à Paris chez Michel Le Noir en 1507. Elle fut suivie d’une édition non datée chez Vérard à Paris, que l’on pense publiée en 1509. Puis vient la première édition lyonnaise chez Olivier Arnoullet en 1531 qui comporte comme la nôtre 150 feuillets de 35 lignes. Deux éditions parisiennes suivent et enfin vient celle que nous présentons, à Lyon, chez Olivier Arnoullet. Celle-ci est en tout point conforme à la troisième édition que nous venons de citer chez le même éditeur et Baudrier indique qu’elle en est une réimpression.
Titre en rouge et noir illustré d’un beau bois représentant le comte Anceaulme combattant le griffon, 10 bois de plus petites dimensions dans le texte (en réalité 7 bois dont 2 répétés), dont certains ont été également utilisés dans le Guérin Mesquin et Les Cent nouvelles publiés par Olivier Arnoullet en 1530 et 1532, et très nombreuses lettrines à décor floral.
Brunet, Baudrier et l’USTC ne citent que cet exemplaire qui a appartenu à Firmin-Didot et à Fairfax Murray. Il semble ne subsister qu’un seul autre exemplaire, conservé à la Koninklijke Bibliotheek de La Haye (KW 3115 B 17).
Très bel exemplaire, relié en maroquin doublé de Lortic.
Infime accroc au premier plat. L’erreur de signature au feuillet n3 a été corrigée anciennement à l’encre, petite réparation marginale aux 5 derniers feuillets, petits manques angulaires aux feuillets c2 et c7 et à la marge inférieure du feuillet e1 dus aux tailles initiales des feuilles.
Provenance :
Ambroise Firmin-Didot (ex-libris, 6-15 juin 1878, n° 557) et Fairfax Murray (étiquette, n° 380).