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MERVEILLES ADVENIR EN CESTUY VINGT ET SIS.
Revelle par les dieux. U. Lege ridebis. k.
Estimation :
4 000 - 6 000 €

Description complète

MERVEILLES ADVENIR EN CESTUY VINGT ET SIS.
Revelle par les dieux. U. Lege ridebis. k.
Slnd (Genève, W. Köln, ca 1525).

Plaquette petit in-8, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées (Trautz-Bauzonnet).

 

Babelon, 133 // Bechtel, 493/M-254 // Droz, Chemins, II, p. 33 // Fairfax Murray, 374 // Gilmont, GLN 15-16, 216 // Gilmont, GLN-5809 // USTC, 53743. Manque à Brunet.

 

(8 f.) / A8 / 25 lignes, car. goth. / 91 × 134 mm.

 

    Rare plaquette satirique en vers inspirée des pronostications de la première moitié du XVIe siècle.

    Satire poétique dans laquelle l’auteur, resté anonyme, se moque des diseurs de bonne aventure qui prétendent prédire l’avenir. Dans l’Invective de l’acteur (f. A6v), il s’inquiète de la prolifération de ces charlatans et de la foi qu’on leur accorde :

 

    Au tps passe que le bõs ancis

    Avoyt a dieu ferme foy creãce

    Lõ voyoit peuz q gs maigicis

    Mathematiqs nigromãciens

    Eussent entre nous si grosse audience

    Mais maintenant la dame ignorance

    Qui est maistresse du commun populaire

    Nous a produict de sa faulse semence

    Erreurs : mensonges : heretique sentence…

 

    L’ouvrage s’ouvre sur 56 vers en forme de prologue, dans lesquels le narrateur convoque les dieux romains Mars, Junon, Cérès, Saturne, Bacchus, etc, rencontrés un matin et qui lui ont soufflé la sentence qu’il s’apprête à délivrer. Suit la prophétie elle-même intitulée La révélation du iudice sentence qui ont faictz les dieux sur les choses advenir, qui débute par le mois de mars et, selon le calendrier julien, se poursuit jusqu’au mois de décembre. Dans ces prédictions loufoques, il pleut des poissons en mars, les femmes tombent nues à la renverse dans les jardins en avril, les ânes deviennent meuniers en mai, les chemises des filles en septembre seront pourfendues et Danger sera que ventz neptunes / Qui trouveront conduis ouvers / Ne les enfle…. Le poème se clôt ensuite par l’Invective de l’acteur, dans laquelle l’auteur enjoint les lecteurs à rejeter les « pronostications des futurs », car sur ma foy : il nest epidemie / Blasfeme : force : erreur de bohemie / Qui soit si grant que ces faulx iugemens. Enfin, quelques vers avant la fin, il fait état de troubles advenus à Genève par la faute de ces reveries : Cõme a Genesve cesiours chesc avehu.

    Ce volume fut imprimé à Genève par Wygand Köln (ou Wigand Koeln), désigné par ses initiales U.k. sur le titre et au dernier feuillet. Si Köln fut imprimeur-libraire à Genève de 1516 à 1545, on ne connaît de son atelier, d’après Jean-François Gilmont, que 58 éditions généralement très minces. Près de la moitié d’entre elles sont des plaquettes de 4 ou 8 feuillets comme les Merveilles advenir…

    Ouvrage illustré de 9 petits bois : 4 sibylles sur le titre, et au verso de ce titre 4 autres sibylles et une crucifixion. D’après Fairfax Murray, les bois des sibylles proviennent d’ornements angulaires des bordures d’un livre d’heures. Ainsi que nous l’avions noté au numéro 46 de la bibliothèque Bourdel (I, 19 juin 2024), certains de ces bois avaient été utilisés pour illustrer une édition publiée à Lyon ou à Genève vers 1525-1530 : Le Doctrinal des filles pour apprendre a estre bi saiges. Au verso du dernier feuillet, grande fleur de lys noire gravée sur bois, probablement la marque de Köln.

    Cette édition est très rare. Lignerolles et Fairfax Murray, auxquels cet exemplaire a appartenu, le pensaient unique. On en connaît en réalité deux autres, l’exemplaire de Fernand Colomb conservé à la Biblioteca Capitular y Colombina de Séville (15 2 6) et celui de la bibliothèque de Genève (Od 306). Si les exemplaires Lignerolles-Fairfax Murray et Colomb semblent parfaitement identiques, ils présentent une légère variante avec celui de Genève qui ne comporte pas les initiales U.k. de Wygand Köln à la dernière ligne du dernier feuillet.

    Très bel exemplaire de ce rare volume, avec des marges inférieures non rognées, remarquablement larges.

    Minimes et habiles restaurations angulaires à tous les feuillets.

Provenance :

Comte Raoul de Lignerolles (II, 5-17 mars 1894, n° 1130) et Fairfax Murray (étiquette, n° 374).


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