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[MATHEOLUS et JEAN LE FEVRE].
Le livre de matheolus // Qui vous monstre sans varier // Les biens et aussy les vertus // Qui vieignent pour soy marier // Et a tous faictz considerer // Il dit que lomme nest pas saige // Sy se tourne remarier // Quant prins a este au passaige.
Estimation :
12 000 - 15 000 €

Description complète

[MATHEOLUS et JEAN LE FEVRE].
Le livre de matheolus // Qui vous monstre sans varier // Les biens et aussy les vertus // Qui vieignent pour soy marier // Et a tous faictz considerer // Il dit que lomme nest pas saige // Sy se tourne remarier // Quant prins a este au passaige.
Slnd (Lyon, Dayne, ca 1500).

Petit in-folio, maroquin bleu nuit, double filet doré en encadrement, dos à 5 nerfs orné, dentelle intérieure dorée, tranches dorées (Lloyd).

 

Barbier, II-1326 // Bechtel, 480/M-170 // BMC, VIII, 327, IB.42144 // Brunet, III-1526 // Fairfax Murray, 364 // USTC, 71346.

 

(62 f.) / a8, b-k6 / 45 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 185 × 260 mm.

 

    Seconde édition, ou émission, d’un poème violemment anti-matrimonial.

    Mathéolus, également connu sous les noms de Mathieu, Mahieu ou Mathiolet, est un poète français du XIIIe siècle dont la vie nous est fort peu connue, à tel point qu’on l’a longtemps considéré comme un auteur imaginaire. Né à Boulogne-sur-Mer vers 1260, il se consola d’un mariage malheureux en écrivant des poèmes sur les femmes en général et la sienne en particulier, dépeinte comme une veuve acariâtre et despotique qui lui rendit la vie infernale. Mathéolus mourut vers 1320. Il ne nous reste de son ouvrage, composé en latin sous le titre Liber Lamentacionum Matheoluli, que la traduction en vers français qu’en fit Jean Le Fèvre au XIVe siècle et qui parut pour la première fois à Lyon vers 1497-1498, revue par Alexandre Primet.

    Cet ouvrage, largement hostile à la femme et au mariage, eut un grand retentissement. Ses diatribes furent vertement combattues par Christine de Pisan dans sa Cité des dames et par Martin Franc dans son Champion des dames. Le Fèvre lui-même, traducteur du texte latin, avait composé une réfutation du poème sous les titres de Résolu en mariage ou Rebours de Matheolus.

    Le Livre de Matheolus parut pour la première fois sans lieu, ni nom, ni date en un volume in-folio de 68 feuillets qui fut longtemps faussement attribué à Antoine Vérard en raison de la grande lettrine grotesque L à 5 personnages ornant le titre, et qui fut mal daté 1492 à cause d’une mauvaise interprétation du colophon. Ces deux erreurs ont été corrigées et l’édition a été rendue à l’éditeur lyonnais Claude Dayne, qui utilisa cette lettrine pour son Doctrinal de sapience publié en 1497. La date de 1492 semble en réalité correspondre à la révision du texte de Le Fèvre, faite par un certain Allesandre (Alexandre) Primet, dont le nom se lit en acrostiche juste avant l’Explicit.

    On connaît trois éditions très proches de ce texte (certains bibliographes parlent d’émissions ou de tirages) et Fairfax Murray, qui les possédait toutes les trois, donne une description très claire de chacune d’elles et les situe l’une par rapport à l’autre, notamment grâce à l’usure des bois.

    Notre édition, en 62 feuillets, serait la seconde donnée par Claude Dayne et on la date de la même époque que l’originale. Notre exemplaire témoigne des confusions bibliographiques liées à cet ouvrage puisque la reliure porte au dos la mention Paris, Vérard, 1492.

    Ouvrage illustré d’une grande initiale grotesque L sur le titre et de 35 gravures sur bois dans le texte (en réalité 24 bois dont 4 répétés), la plupart illustrant les perfidies de la femme (Loth et sa femme, Médée tuant ses enfants, scène d’adultère, femme faisant crever les yeux d’un homme, Pasiphaé et le taureau, etc.).

    Cet exemplaire a appartenu à Fairfax Murray, dont il porte l’étiquette ; il était alors incomplet du titre, qui a depuis été refait en fac-similé. D’après le catalogue Fairfax Murray, il pourrait également provenir de la bibliothèque de Fernand Colomb. Il porte l’étiquette moderne Biblioteca Colombina que l’on peut retrouver apposée sur d’autres volumes de la même provenance. Celle-ci ne peut être formellement confirmée, mais le titre manquant et le bas du dernier feuillet ayant été entièrement refait la laissent supposer car Fernand Colomb avait pour habitude d’annoter ses exemplaires à ces deux endroits. Cette édition est néanmoins absente de Harrisse et Babelon.

    L’ouvrage est très rare. L’USTC ne référence que deux exemplaires, l’un à la Bodleian Library et celui de Fairfax Murray, que nous présentons.

    Petit accroc au premier plat. Titre en fac-similé et bas du dernier feuillet refait, marque de provenance effacée en pied du feuillet a2, importantes restaurations atteignant le texte à 2 feuillets (a2 et a6) et petit trou marginal restauré à l’ensemble du volume ; cahier k relié légèrement de travers.

Provenance :

Fernand Colomb (?, étiquette moderne Biblioteca Colombina) et Fairfax Murray (étiquette, n° 364).


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