Commentaire :
Après des études d'architecture, Guillaume Lavit d'Hautefort s'empare de la photographie suite à une commande pour le cinéma. Ces portraits sont d'une grande sobriété. Dans le même temps, il rencontre des reporters. La photographie devient le point d'appui de sa création.
De manière instinctive, il explore des thèmes singuliers: les frontières, le déracinement, la renaissance, les états de guerre ou de post-guerre, les révolutions récentes, l'entre-deux de l'Histoire.
Ce qui l'intéresse particulièrement, ce sont les événements politiques qui font rage et qui à contre-temps montrent l'Histoire autrement.
Passage d'un temps qui s'étire, stigmates du monde où la violence prend à notre époque des nouvelles formes : populations en transit, déplacées, réfugiées, implantées temporairement dans des paysages le plus souvent désertiques où se réfugient des hommes en quête de liberté. Il en révèle les tensions sourdes et des situations devenues atemporelles.
Ses photographies, ses films, ses captures vidéos révèlent des lieux, des personnes dans des territoires, le plus souvent, isolés du monde. De ses installations originales émanent une manière singulière de poser les moments de l'Histoire. Ses images bousculent notre rapport à la conscience.
Il propose une vision, d'une solitude intime, prévisible et cruelle, une approche directe et distanciée. Il en résulte un travail sensible et exigeant dont la richesse infinie ne manque pas de nous surprendre.
En avril 2006, à la frontière tchado-soudanaise, 13000 personnes, toute de l'éthnie Dadjo, se regroupent dans la plaine sahélienne de Gouroukoun au Sud-Est du Tchad. Elles sont toutes des déplacées, survivantes des guerres du Darfour.
En 2010, le camps comptait 17000 personnes. Certaines familles tentent désormais de rentrer chez elles et reconstruire leur village pillé, brûlé et détruit. La guerre n'est pourtant pas finie.