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CÉSAR (1921-1998)
LE GUERRIER 2, 1949
Estimation :
45 000 - 60  000 €
Vendu :
40  193 €

Description

CÉSAR (1921-1998)
LE GUERRIER 2, 1949
Fer soudé
Expositions :

Biarritz, "César, l'instinct du fer, 1946-1966, Des premières sculptures aux compressions", 24 mars-10 juillet 2005 reproduit au catalogue p.37

Commentaire :
Cette oeuvre est enregistrée dans les Archives de Madame Denyse Durand-Ruel sous le n°5673

LES DEBUTS:
"C'est à ce moment que je me suis mis à faire des bonhommes et des figures un peu drôles ou négroïdes avec un poste à souder, que j'ai découvert le fer forgé.
Cela a agi comme un repoussoir.
Pour moi, tout ce que j'ai vu dès lors aux Beaux-Arts m'est apparu comme rétrograde."
Extrait de l'entretien avec Bernard Blistène, Catalogue de la rétrospective César, Centre de la Vieille Charité, Marseille, 1993

DETRUIRE
"Parmi ces possibilités, il y en a une qui, pour moi, compte beaucoup: pouvoir détruire.C'est aussi important que pouvoir construire.
Tandis qu'une pierre a quelquechose d'immuable, le fer est presque aussi malléable que la terre.
Quand je travaillais la terre, j'avais de la terre dans un bac.Je prenais une poignée de terre humide. C'était comme de la pâte. J'en faisais un noyau. Et ce noyau, comme mes sculptures en fer à mesure que j'ajoute des pièces, grossissait à mesure que j'ajoutais de la terre.
Il me suffisait de lui donner un coup de couteau pour le tailler et, si je n'en étais pas content, je n'avais qua le laisser tomber pour le détruire.
Je peux détruire presque aussi facilement une sculpture en fer. Pour la tailler, au lieu de me servir d'un couteau, je me sers d'un chalumeau.
En somme, les opérations sont les mêmes.
Au lieu de polir ma forme avec un chiffon et de l'eau, je la polis avec une meule, comme un sculpture en pierre.
En outre, comme sur la pierre, je peux limer et frotter à la toile émeri.
Enfin, un avantage que le fer, comme la pierre, présente sur la terre, c'est d'être un "matériau" définitif.
Quand une sculpture en fer est finie, elle se suffit à elle-même.
A contraire, quand une sculpture en terre est terminée, il reste encore à la mouler et à la tirer en bronze.
Malheureusement, le fer a un inconvénient: il est menacé par les intempéries.
Il s'oxyde si on place la sculpture à l'extérieur.
Mais, comme mes sculptures sont conçues pour être exposées dans un intérieur, cet inconvénient n'est pas sensible.
Si je fais des sculptures qui, par leurs dimensions, exigent le plein-air, j'accepte qu'on en fasse un tirage en bronze, à condition de pouvoir y travailler pour lui redonner sa "fraicheur" par des polissages, des ciselures et autres remaniements qui lui rendent son caractère de pièce unique".
Extrait de Yvon Taillandier, "Causerie avec César" IN XXe siècle, mai-juin 1959

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