Commentaire :
Les Plaques: des tableaux de fer
Elles s'imposent à la fois par leur nature purement abstraite comme une suite logique sur le plan formel et , par la maîtrise fascinante du language de la ferraille qu'elles traduisent, comme l'heureux aboutissement de son travail en fer soudé.
Le domaine de référence de l'artiste se déplace ici du sculptural au pictural, les plaques se définissent plus comme des tableaux que comme des formes se déployant dans l'espace. (...) Le "faire", la praxis, n'est plus comme précédemment, un moyen destiné à atteindre une forme ou à conceptualiser une valeur, mais devient une finalité.
Le matériau et son travail sont mis en avant, perturbant le lien logique des signes et brouillant les rapports entre signifiant et signifié.
Ces grandes plaques que bâtit César, fragment aprés fragment, telles des mosaïques, se dressent semblables à des miroirs aveugles sur lesquels la lumière s'arrête ainsi que notre entendement.
Immuables dans leur silence, elles demeurent pareilles à des babels de fers.
Guy Tosatto, FERS ET FAIRE IN LES FERS DE CESAR, FONDATION CARTIER, 1984