Guillaume APOLLINAIRE CASE D'ARMONS [EXEMPLAIRE DE LOU]
Aux Armées de la République, 17 juin 1915. Grand nombre
de mots et de passages réécrits ou modifiés de la main du
poète ; certains ajouts sont originaux et uniques. Exceptionnel
exemplaire ayant appartenu à Lou.
Note : Cahier in-8ø br., non paginé [42 pp.]. Couverture papier bleu d'écolier, premier plat orné d'une vignette contrecollée illustrée. Edition originale. Ce recueil a été composé au front par Apollinaire. 21 poèmes "polygraphiés" sur papier quadrillé à la gélatine et à l'encre. Le poème " Carte postale " [p. 28], composée d'un collage de carte postale original est calligraphié en partie par Apollinaire à l'encre rouge. Un très grand nombre de mots et de passages ont été réécrits ou modifiés de la main du poète ; de nombreux ajouts de notre exemplaires sont originaux et uniques.
"Le tirage à 25 exemplaires des 21 poèmes de "La Case d'Armons" a été achevé à la batterie de tir, devant l'ennemi, 38e Régt. d'art. - 45e Batterie par les maréchaux des logis Bodard et Berthier le 17 juin 1915." (sic). Justification et signature G.A. autographes à l'encre rouge, celui-ci nø 14.
Le titre du recueil vient du nom de la "voiture-caisson" contenant les effets personnels des soldats.
Emboîtage en toile bleue. Joint : la notice de la libraire ancienne Maurice Bridel, à Lausanne.
Exemplaire en très bonne condition, l'impression est faiblement passée.
Exceptionnel exemplaire de Lou. Nombreuses modifications originales. Dès le premier poème, Apollinaire rehausse le titre "Loin du pigeonnier" [p. 3], et repasse à l'encre les mots "Ma Lou" du calligramme. Le titre du poème " A Madeleine " [p. 16] est changé en " Modulation ", et "le village algérien" est transformé en "le village vosgien". C'est par délicatesse envers son amour épistolier que le poète modifie ainsi un texte initialement dédié à Madeleine Pagès : il supprime le nom de celle-ci, et modifie l'allusion au pays natal de celle qu'il a rencontré dans le train entre Nice et Marseille le 2 janvier 1915. Le jour de sa demande en mariage à Madeleine Pagès, le 10 août 1915, Lou n'avait pas encore reçu son exemplaire de La Case d'Armons ; dans une lettre datée du 12 août 1915, Apollinaire lui promi : "Je t'enverrai le livre [...] dès que tu seras stable de nouveau. Je ne l'ai pas envoyé avant par paresse pour ne pas défaire mon sac au fond duquel sont les quelques exemplaires qui me restent. [...] Mais ton exemplaire es là. Tu l'auras, n'aie pas peur." A cette période, justement, Lou était dans les Vosges : ainsi s'explique la transformation concernant le village algérien devenu vosgiens dans l'exemplaire qu'il envoya ensuite pour tenir sa promesse.
"C'est un livre que je vends à ceux qui aiment ce que je fais. Il n'en sera tiré que le nombre strict de souscriptions au moment du tirage..." Lettre à Lou du 1er juin 1915.
Nous remercions Laurence Campa, Maître de Conférence à l'Université de Paris-XII, Commissaire de l'exposition "Apollinaire au feu. Historial de la Grande Guerre" (2005) et éditeur de quelques oeuvres d'Apollinaire chez Gallimard, pour les renseignements qu'elle a bien voulu nous fournir.