Correspondance amoureuse et spirituelle entre Léon Bloy et sa fiancée
 

« 5 octobre 89.

 

Ma Jeanne bien-aimée, mon très cher amour,

voilà deux lettres de toi qui sont venues cette semaine me consoler dans mon désert et je suis honteux d’y répondre seulement aujourd’hui. Se pourrait-il que ton amour fût plus grand que le mien ? Je ne sais pas, mais il est certain que je suis parfaitement aimé et cette pensée me remplit d’une parfaite & merveilleuse douceur.

 

Mon Dieu ! Combien cette chose qui nous arrive est admirable ! Tu m’as écrit, mon adorée, qu’il se passe en toi des miracles. Je le savais et je le voyais, car j’ai l’habitude ancienne de ces choses. J’ai déjà vu de si admirables effets de la grâce ! Tu souffrais, pauvre chère âme, de n’avoir pas Dieu et tu le cherchais de toutes tes forces. C’est pourquoi Il t’a donné un « cœur nouveau », ce sublime Seigneur qui ne résiste pas à l’amour. […]

 

Désormais, ne t’étonne plus de rien. Je t’affirme que tu dois t’attendre à tout. Tu ne sais pas qui tu es, tu ne sais pas qui tu aimes et surtout tu ne sais pas ce que le Seigneur va te demander. […]

 

Je t’ai déjà dit, ma Jeanne chérie, que ta rencontre avait été bienfaisante pour moi. Comment pourrais-je m’exprimer pour te faire voir clairement à quel point je suis consolé et réconforté par toi ? Lorsque nous nous sommes connus, mon ange de paix, j’étais au bord des abîmes. Accablé de chagrin et de désespoir, je me sentais mourrir et j’acceptais lâchement qu’il en fût ainsi. […] »

 

Extrait des correspondances amoureuses à Johanne Molbech

 

Léon Bloy : Correspondance amoureuse à Johanne Molbech
Léon Bloy
Correspondance amoureuse à Johanne Molbech
29 août 1889-[8 avril] 1890
39 lettres de Bloy, soit environ 104 pages in-12 ou in-8 et 55 lettres de Molbech, soit environ 233 pages in-12 ou in-8.
Estimation : 1 800 - 3 000 €

Nous présentons cette magnifique correspondance amoureuse et spirituelle de Léon Bloy aves sa fiancée Johanne Molbech. En août 1889, Léon Bloy fait la rencontre de Johanne Charlotte Molbech dans le salon de François Coppée. Alors que Léon Bloy rejette le monde et s'y sent étranger, la rencontre de Jeanne ce soir-là a quelque chose de miraculeux. Elle est danoise, protestante, petite-fille de l'un des maîtres de Kierkegaard et Léon Bloy lui est présenté comme un "mendiant". Pourtant, ils vont parler toute la soirée et dès le lendemain, Léon Bloy entame avec elle une correspondance puissante, dans laquelle se mêlent leur amour – qui grandit très vite –, les questions de spiritualité qui les habitent tous les deux et la joie de s'être trouvés. Après que Jeanne se sera convertie au catholicisme en mars 1890, les deux amants se marient en mai de la même année et partageront tout le reste de leur vie, malgré des difficultés matérielles considérables.

 



 

 

 

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