Un portrait inédit de Hyacinthe Rigaud redécouvert par Artcurial

Resté dans la famille du modèle jusqu’à nos jours, cet exceptionnel portrait de Jean de Catelan par Hyacinthe Rigaud constitue une redécouverte majeure pour le corpus de l’artiste en apportant un nouveau jalon à la décennie la plus faste de la carrière du peintre.

Estimée 80 000 - 120 000 €, cette œuvre signée et datée offre un remarquable témoignage du talent du célèbre portraitiste du Roi Soleil. Par une habile mise en abyme, Rigaud représente Jean de Catelan, évêque de Valence et précepteur des Enfants de la couronne, en compagnie du duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, par le truchement d’un portrait ovale placé à sa gauche et renvoie ainsi à l’enseignement que l’ecclésiastique dispensa à son jeune élève. Cette œuvre insigne constitue l’un des nombreux trésors à découvrir lors de notre vente Maîtres anciens et du XIXe siècle organisée le 10 novembre prochain.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne
Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725),
évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne

Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

La famille de Jean de Catelan (ou Catellan)[1] figure parmi les plus anciennes et les plus illustres de la ville de Toulouse : ces différentes branches – La Masquère, Caumont et Saint-Men – donnèrent au royaume de France quatre présidents et huit conseillers au Parlement de Toulouse, deux évêques dont Jean de Catelan, plusieurs capitouls et des chevaliers de l’ordre de Malte, un maréchal de camp, ainsi qu’un pair de France. Originaires de Florence, où leur nom apparaît dans les actes de la république dès le XIVe siècle, ils furent contraints de fuir la Toscane et l’Italie après l’assassinat de Julien de Médicis en 1478, puisque les descendants du syndic et gonfalonnier de justice Michele Ludovico Catellani avaient pris parti contre l’illustre famille. Ils trouvèrent refuge d’abord en Avignon, puis à Toulouse où Jean, fondateur de la branche de la Masquère et de Caumont, acquit droit de bourgeoisie et fut élu capitoul en 1530. On trouve néanmoins le patronyme des Catelan dès 1226 parmi les édiles toulousains et ils sont cités au nombre des « Nobles et Seigneurs » de la cité dans le Saisimentum comitatus Tholosani[2] de 1271. L’arrière-petit-fils de Jean, Jacques, est le père de notre évêque. Conseiller, puis président aux enquêtes au Parlement de Toulouse, il fut désigné par Louis XIV en 1667 comme l’un de ses commissaires pour tenir les Grands Jours au Puy-en-Velay et à Nîmes.

Né à Toulouse en 1659 et de ce fait strict contemporain du catalan Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Jean de Catelan[3] est le deuxième des quatre fils de Jacques : il embrasse donc la carrière ecclésiastique. Lecteur du duc de Berry, Charles de France (1686-1714), à partir de 1693, puis précepteur des Enfants de France, il est élevé au siège épiscopal de Valence le 15 août 1705 et ordonné le 21 février 1706. Le roi le pourvoit également en commende à partir de 1701 de l’abbaye cistercienne de Boulancourt en Haute-Marne. Très actif, son épiscopat est marqué par la publication de nombreux mandements, ainsi que par une étude historique sur son diocèse, Les Antiquités de l’église de Valence avec des réflexions sur ce qu’il y a de plus remarquable dans ces antiquités…[4] Il meurt en fonction le 15 février 1725, Alexandre Milon de Mesne (1688-1771) lui succédant.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne
Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne (détail)

Hyacinthe Rigaud (1659-1743) (détail)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne
Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne (détail)

Hyacinthe Rigaud (1659-1743) et Joseph Parrocel (1646-1704)
Portrait de Louis de France, duc de Bourgogne (1682-1712)
huile sur toile, H. 1,32 ; L. 1,04 m, Royaume-Uni, Kenwood House, The Iveagh Bequest, inv. IBK 958

Pour marquer son entrée en fonctions à Valence, Jean de Catelan passe commande d’un portrait. Son choix se porte sur l’artiste à la mode, Hyacinthe Rigaud, particulièrement apprécié de la famille royale. La décennie 1700 est en effet des plus fastes pour l’artiste qui vient d’être admis à l’Académie royale de peinture et de sculpture comme portraitiste et peintre d’histoire : après avoir campé en 1697 le prince de Conti[5] et le Grand Dauphin[6], Rigaud a eu l’honneur insigne de représenter entre 1700 et 1702 Louis XIV en grand costume royal[7] et son petit-fils, Philippe d’Anjou, futur Philippe V d’Espagne[8], mais aussi Louis de France, duc de Bourgogne (1682-1712) qui ne manqua pas d’offrir à son ancien précepteur une réplique en buste de son grand portrait en armure peint en 1702-1703 par Rigaud et Joseph Parrocel (huile sur toile, H. 1,32 ; L. 1,04 m, signée en bas à dr. : Fait par Hyacinthe Rigaud et monogrammé : J. [Joseph] P. [Parrocel], Royaume-Uni, Kenwood House, The Iveagh Bequest, inv. IBK 958, fig. 1)[9].

Le livret du Salon de Toulouse de 1776 décrit en effet sous le n° 40 : « Du cabinet de M. le président de Sapte [Henri Bernard Catherine de Sapte (1744-1794), président de la Grand-Chambre du Parlement de Toulouse, allié à la famille des Catelan]. Tableau représentant le duc de Bourgogne, peint par Rigaut. Ce prince fit présent de ce tableau à M. de Catellan évêque de Valence, son lecteur[10]. » C’est très certainement cette réplique en buste que Jean de Catelan demanda à Rigaud de représenter dans sa propre effigie : on remarquera que la composition de notre tableau suggère habilement à la fois par le vis-à-vis entre les deux personnages, la différence de proportion entre leurs visages et le livre ouvert sur les genoux de l’ecclésiastique la relation de maître à élève qui fut celle de Jean de Catelan en tant que précepteur des Enfants de France et du jeune duc de Bourgogne, Rigaud les saisissant comme s’il interrompait une de leurs leçons passées. Outre le portrait de son ancien élève, Jean de Catelan possédait deux autres répliques en buste de l’atelier de Rigaud représentant des membres de sa famille[11]. La première, payée 75 livres en 1704, figurait l’évêque de Blois, David Nicolas Bertier (1652-1719)[12]. David Nicolas était en effet le frère cadet de François Bertier ( ?-vers 1719 ou 1722), toulousain d’origine et premier président du Parlement de Navarre à Pau[13], dont l’épouse Marie était la sœur de Jean de Catelan. La seconde de 1706, au même prix, figurait son oncle, Pierre de La Broue (1644-1720)[14], évêque de Mirepoix, l’un des célèbres appelants, proches des milieux jansénistes, contre la bulle Unigenitus. Comme souvent chez Rigaud, les recommandations familiales ou hiérarchiques entre clients jouent, on le voit, un rôle déclencheur décisif dans la décision de lui passer commande. Et c’est donc tout naturellement que le successeur de Jean de Catelan au siège épiscopal de Valence, Alexandre Milon de Mesne, se tournera en 1735 à nouveau vers l’artiste[15].

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait de René François Beauvau du Rivau (1664-1739), archevêque de Toulouse
huile sur toile, H. 1,44 ; L. 1,12 m, Montbrison, musée d’Allard, inv. 2013.06.01

Le portrait original de Jean de Catelan est inscrit en 1706 dans les livres de comptes de Rigaud en ces termes: « M[onsieu]r l’évêque de Valence. [rajouté par une autre main : H(abillement) r(épété)] ». Le prix demandé est de 500 livres, ce qui correspond dans l’échelle commerciale définie par l’artiste à cette époque-là à un portrait en grand, jusqu’aux genoux. Le format est d’ailleurs attesté par plusieurs mentions des livres de comptes relatives à l’exécution de deux répliques « en grand », c’est-à-dire à dimension, en 1706 et 1708[16]. Si le parti-pris d’assoir son modèle, une main en appui sur un in-folio dont on arrive même à lire le folio – ici 450 –[17], a déjà été utilisé par Rigaud pour sa clientèle ecclésiastique[18], l’artiste innove en faisant feuilleter l’ouvrage du bout des doigts de la main droite où scintille le chaton bleu de l’anneau épiscopal. Or, l’on pensait jusqu’à la redécouverte du portrait inédit de Jean de Catelan que cette attitude, promise à une vaste fortune parmi la clientèle ecclésiastique de l’artiste, avait été mise au point bien plus tard, lorsque René François Beauvau du Rivau (1664-1739), archevêque de Toulouse, posa en 1715 devant Rigaud (huile sur toile, H. 1,44 ; L. 1,12 m, Montbrison, musée d’Allard, inv. 2013.06.01, fig. 2)[19].

Certainement inventée pour l’évêque de Valence en 1706 dont l’habillement, en revanche, fut « répété », c’est-à-dire repris d’un modèle ecclésiastique antérieur, la composition inspira en 1715, outre l’effigie de Beauvau du Rivau, celle du cardinal Melchior de Polignac (1661-1741, huile sur toile, H. 1,41 ; L. 1,11 m, Paris, musée du Louvre, inv. M.I. 1102)[20], ainsi que quelques années plus tard l’amplification du buste de Claude de Rouvroy de Saint-Simon[21], en vue de sa gravure par Jean Daullé. En outre, Jean de Cayeux[22] a autrefois rapproché la main ornée d’une bague et celle tenant un in-folio ouvert que l’on voit dans la belle Étude de Rigaud, conservée au musée Fabre de Montpellier (huile sur toile, H. 0,41 x L. 0,32 m, inv. 49.6.1, fig. 3)[23], des deux mains de René François Beauvau du Rivau : il convient donc désormais de faire remonter l’analogie au portrait de Jean de Catelan, ce qui permet de corriger la datation de la petite toile de Montpellier (vers 1706-1725, au lieu de vers 1715-1725). D’autres rapprochements avec Beauvau du Rivau peuvent en outre être établis, puisque Rigaud reprend pour ce dernier la forme caractéristique des montants du fauteuil, sommés d’une sorte de toupie, ainsi que le décor à fleurettes de la crosse des bras, déjà présents chez Jean de Catelan.

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Étude
huile sur toile, H. 0,41 x L. 0,32 m, Montpellier, musée Fabre, inv. 49.6.1

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
Portrait du graveur Pierre Drevet
huile sur toile, H. 1,16 x L. 0,89 m, Lyon, musée des Beaux-Arts, inv. A 2865

Quant à la mise en abyme qui consiste à insérer un portrait en buste dans un portrait en grand, il s’agit d’une formule très rare dans le répertoire rigaldien, puisqu’elle n’est attestée, en l’état actuel des recherches, qu’à deux reprises : en 1688, un jeune veuf, Jean-Baptiste de Monginot (1664/1667- ?), se fait représenter enlaçant l’image de sa première épouse décédée (huile sur toile, H. 1,35 ; L. 1,01 m, Collection particulière)[24] ; en 1700, Rigaud place son autoportrait au turban à l’arrière de la silhouette de son ami, le graveur Pierre Drevet (huile sur toile, H. 1,16 x L. 0,89 m, Lyon, musée des Beaux-Arts, inv. A 2865, fig. 4)[25]. Tout comme la crosse, projetée au premier plan, et le bâti du trône épiscopal, le cadre ovale, précieusement mouluré, du buste du duc de Bourgogne témoigne du goût prononcé de Rigaud pour la sculpture du bois doré et nous rappelle opportunément les prémices de sa formation auprès de Pierre Chypolt, maître peintre, sculpteur et doreur de Carcassonne[26].

Hyacinthe Rigaud (1659-1743) (détail)
Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne
Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

Hyacinthe Rigaud (1659-1743)
(détail) Portrait de Jean de Catelan (1659-1725), évêque de Valence, se tenant devant un portrait du duc de Bourgogne
Huile sur toile (Toile d'origine)
145 x 112 cm
Estimation : 80 000 - 120 000 €

Outre la signature et la date, dont Rigaud n’use que fort parcimonieusement – il fallait donc que la commande ait quelque importance à ses yeux ou à ceux de son modèle pour justifier pareille revendication scripturaire –, tous les éléments caractéristiques d’un authentique Rigaud sont ici réunis : le regard, qu’ourle l’amande des paupières au dessin précis et profond, en pleine pâte, vibre d’une écume blanche, posée du bout du pinceau, qui confère une présence irrésistible à Jean de Catelan ; justes et vivantes comme à sa meilleure habitude, les carnations du peintre sont d’une grande fraîcheur et se nuancent ici d’une ombre bleue sous le nez, là d’un rose carmin sur les lèvres charnues. Le clair-obscur subtil dans lequel se fond le côté gauche du visage ajoute de la douceur à sa rondeur bienveillante. Dentelles et plis marqués au fer du rochet, motifs ornementaux du fauteuil, du cadre et de la reliure, opacité des feuilles de papier, broderies et cordons incandescents du lourd rideau en velours, éclat mordoré du damas de soie traduisent une maîtrise illusionniste du moindre accessoire.

Ariane James-Sarazin, avril 2026 

Notes
[1] Louis de La Roque, Armorial de la Noblesse de Languedoc. Généralité de Toulouse, Paris / Toulouse, 1863, vol. 1, p. 117-119. 

[2] Yves Dossat, Saisimentum comitatus Tholosani, Paris, 1966. 

[3] Joseph Bergin, Crown, Church and Episcopate under Louis XIV, New Haven / Londres, 2004, p. 393. 

[4] Valence, 1724. Ulysse Chevalier, Notice chronologico-historique sur les évêques de Valence, Valence, 1867, p. 14-15. 

[5] Ariane James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud. Catalogue raisonné, Dijon, Éditions Faton, 2016, t. 2, n° *P.515, p. 171-173. 

[6] Ibid., 2016, t. 2, n° *P.549, p. 183-186. 

[7] Ibid., 2016, t. 2, n° P.773, p. 258-262. 

[8] Ibid., 2016, t. 2, n° P.743, p. 246-248. 

[9] Ibid., 2016, t. 2, n° P.821, p. 276-279 et plus particulièrement p. 277. 

[10] Le rédacteur du livret commet ici une petite confusion avec le duc de Berry. Pierre Sanchez, Dictionnaire des artistes exposant dans les Salons des XVIIe et XVIIIe siècles à Paris et en Province (1673-1800), Dijon, 2004, t. III, p. 1449. 

[11] Il convient d’y ajouter une réplique en buste du grand portrait en pied de Bossuet (huile sur toile, 1701-1705, H. 2,40 x L. 1,65 m, Paris, musée du Louvre, inv. 7506), commandée en 1708 pour 75 livres par Jean de Catelan (James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, n° P.772, p. 256). 

[12] David Nicolas Bertier commanda son portrait à Rigaud en 1702 (James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, n° *P.813, p. 274). Les livres de comptes de l’artiste mentionnent le paiement d’une réplique en buste par l’évêque de Valence en 1704. Compte tenu des liens familiaux entre les Bertier et les Catelan, nous privilégions l’hypothèse d’un paiement par Jean de Catelan, plutôt que par son prédécesseur sur le siège épiscopal Guillaume Bochart de Champigny (1650-1705), même si Catelan ne fut nommé à Valence qu’en 1705. Les livres de comptes de l’artiste sont en effet coutumiers de ce type d’actualisation de l’information a posteriori. L’un des collaborateurs de Rigaud, Bailleul, aurait exécuté l’habit de cette réplique pour 7 livres. 

[14] Pierre de La Broue commanda son portrait à Rigaud en 1705 (James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, *P.940, p. 318). L’un des collaborateurs de Rigaud, Jean Le Gros, fut chargé pour 16 livres de la réplique de l’évêque de Mirepoix destinée à Jean de Catelan. Pierre de La Broue répondit au geste de son neveu, en se procurant à son tour en 1706 une réplique en buste de son portrait (voir la rubrique des œuvres en rapport). 

[15] James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, n° P.1483, p. 522-523. 

[16] Voir la rubrique des œuvres en rapport. 

[17] Il est en revanche impossible de déchiffrer le texte et de l’identifier. 

[18] Voir notamment le portrait de Charles Joachim Colbert, évêque de Montpellier, peint en 1696-1697 (James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, n° P.512, p. 170). 

[19] James-Sarazin, ibid., 2016, t. 2, n° P.1301, p. 433-434. 

[20] James-Sarazin, ibid., 2016, t. 2, n° P.1310, p. 438-440. 

[21] James-Sarazin, ibid., 2016, t. 2, n° P.1478, p. 519-520. Voir également un dessin de Rigaud représentant un ecclésiastique inconnu (ibid., n° D.142, p. 623). Après 1750, le graveur Jacques Nicolas Tardieu (1716-1791) s’inspirera du type « Beauvau du Rivau » pour son portrait de Pierre de Langle (1643-1724), évêque de Boulogne-sur-Mer. 

[22] Jean de Cayeux, « Rigaud et Largillière, peintres de mains », Études d’art publiées par le musée national des Beaux-Arts d’Alger, 1951, t. VI, p. 35-36, fig. 4, p. 44. 

[23] James-Sarazin, op. cit., 2016, t. 2, n° E.1, p. 639. 

[24] Ibid., 2016, t. 2, n° P.133, p. 53-54. 

[25] Ibid., 2016, t. 2, n° P.702, p. 237-238. 

[26] Ibid., 2016, t. 1, p. 74-75. 

 Œuvres en rapport 
Les livres de comptes de Rigaud mentionnent au titre des répliques produites par son atelier : 

*  en 1706, « une [réplique] de M[onsieu]r l’évêque de Valence en grand 250 [livres] » et « une [réplique] en buste du même p[ou]r Mr l’évêque de Mirepoix [Pierre de La Broue (1644-1720) 75 [livres] ». La même année, deux collaborateurs de Rigaud émargent pour des travaux en relation avec ces répliques, dans la mesure où ils prennent bien soin de différencier dans la liste de leurs tâches leur contribution à certains originaux de l’année et celle circonscrite aux répliques : Bailleul pour avoir « habillé l’évêque de Vallence en grand 50 [livres] » et Delaunay pour avoir « habillé M[onsieu]r de Valence 7 [livres] ». 

*  en 1707, Leprieur exécute « deux testes de l’évêque de Valence » pour 24 livres et « une autre teste » pour 12 livres ; 

*  en 1708, Monmorency « habill[e] M[onsieu]r l’évêque de Valence en grand » pour 25 livres, tandis que Delaunay perçoit seulement 7 livres pour la même tâche. 

Il y eut donc selon toute apparence au moins deux répliques à dimension (1706 et 1708) du portrait original de Jean de Catelan et une réduction en buste (1706-1707). 

Le livret du Salon de Toulouse de 1776 mentionne sous le n° 42 : « Tableau qui représente M. de Catellan, évêque de Valence, lecteur de M[onsei]g[neu]r le duc de Bourgogne, dont on voit le portrait dans le fonds. Copie de Rigaud. » Il s’agit très certainement d’une des deux répliques en grand réalisées par l’atelier de Rigaud. 

Une répétition existait selon Roman à l’évêché de Valence. Il s’agit en réalité d’une œuvre, assez médiocre, due à un anonyme qui représente Monseigneur de Catelan assis, jusqu’aux genoux, derrière un grand rideau qui dissimule une bibliothèque. Elle est désormais conservée au musée de Valence (huile sur toile, H. 1,15 ; L. 0,81, inv. P.23).

Remerciements

Nous remercions Madame Ariane James-Sarazin de nous avoir aimablement confirmé l'authenticité de cette œuvre par un examen de visu en date du 12 mai 2026 et pour la rédaction de cette notice.

Ce lot est vendu en partenariat avec Artcurial Toulouse - Maître Jean-Louis Vedovato.

Informations

Vente aux enchères
Maîtres anciens & du XIXe siècle
Mardi 10 novembre 2026 à 14h

Exposition
6 novembre, de 11h à 18h
7 novembre, de 11h à 18h
8 novembre, de 14h à 18h
9 novembre, de 11h à 18h
10 novembre, sur rendez-vous

Contact
Matthieu Fournier
+33 1 42 99 20 26