Un chef d’œuvre de la peinture par son sujet, magnifiquement rendu par la composition adoptée, la science des mouvements, la conduite des lumières, l’intensité de la scène où jouent les attitudes, les regards, dans un extraordinaire spectacle : il s’agit d’un tableau d’Étienne Dinet.
Un chef d’œuvre de la peinture par son sujet, magnifiquement rendu par la composition adoptée, la science des mouvements, la conduite des lumières, l’intensité de la scène où jouent les attitudes, les regards, dans un extraordinaire spectacle : il s’agit d’un tableau d’Étienne Dinet.

Étienne Dinet (1861-1929)
Le fils d'un saint M'rabeth, 1900
Huile sur toile
71,50 × 80,30 cm
Estimation : 8 800 000 - 13 200 000 MAD
800 000 - 1 200 000 €
Peinte en 1900, cette œuvre, intitulée Le fils d’un saint M’Rabeth, est caractéristique du style de l’artiste à cette époque tranchant avec le genre de la peinture orientaliste auquel il est rattaché. Loin des conventions et de tout folklore, le tableau frappe en effet par son réalisme et son expressivité, à l’instar de l’une de ses célèbres compositions, Esclave d’amour et lumière des yeux, peinte la même année, achetée par l’État français l’année suivante et conservée au Musée d’Orsay à Paris.
Le sujet, ayant trait ici à la religion, ce qui est rare chez cet artiste, est fourni par l’écrivain Sliman Ben Ibrahim, avec lequel Étienne Dinet collaborait : une foule pleine de ferveur se presse pour apercevoir et toucher un jeune enfant considéré comme sacré, qui est porté par un homme de haute stature lui frayant avec force un passage. La scène est parfaitement rendue par la composition adoptée par le peintre, qui use pour ce faire de deux registres horizontaux : une partie inférieure large, très chargée et un bandeau supérieur étroit, vide, occupé par une seule figure, celle de l’enfant, auréolé par la lumière qui vient frapper par l’arrière la coiffe blanche qui lui couvre la tête et les épaules. Le cadrage est très resserré : les figures sont coupées aux extrémités, aucun vide ne subsiste, l’espace est compact. L’ensemble par le nombre de formes disposées et la complexité des réseaux qui les relient au moyen des mouvements, des gestes, des plis des vêtements et de la direction des regards, exprime à la perfection l’impression de tumulte et d’adoration qu’illustre une telle scène. La lumière venant par la gauche y joue un rôle primordial pour mettre en valeur les attitudes, comme celle du vieillard vêtu de blanc au premier plan baisant la babouche de l’enfant, tout de piété, comme celle du garde du corps vu à contre-jour, tout de puissance, comme celle de l’enfant dont le beau visage empreint de gravité est subtilement éclairé par reflets. On n’insistera pas davantage sur la diversité des mouvements, des attitudes et des expressions qui animent cette partie de la composition pour mieux voir comment de ce tumulte de formes, de couleurs et d’éclats lumineux émerge dans la partie supérieure la tête de l’enfant qui, serein et majestueux, domine la scène.
Un spectacle fort, qui impressionne, rendu inoubliable par l’art ici très accompli d’Étienne Dinet.
Serge Lemoine
« Les sujets religieux de Dinet sont extrêmement rares, c’est un privilège pour Artcurial de présenter cette formidable œuvre dans notre vente du 30 décembre à la Mamounia. Le fils d’un saint M’rabeth est une œuvre magistrale, Dinet retrouve l’expressivité des sculpteurs dans la tradition qui les unit à Rodin dont il était l’ami. L’expressivité et le réalisme de tous ces visages proches les uns des autres est un condensé parfait de la technique et de l’originalité qui caractérise son œuvre. »
Olivier Berman, Directeur Artcurial Maroc
Informations
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Exposition à Marrakech
27 décembre, de 11h à 18h
28 décembre, de 11h à 20h
29 décembre, de 11h à 20h
30 décembre, de 11h à 13h
Vente à Marrakech
Lundi 30 décembre 2019 - 17h
La Mamounia
Avenue Bab Did
40040 Marrakech
Maroc
Contact vente
Fatima Zahra Mahboub
Tél. +212 5 24 20 78 20